Hiver 2026 : le Québec risque d'entrer en mode tempête
La pelle n’a pas chômé depuis le début de la saison au Québec et ça ne va pas changer d’ici la fin de l’hiver. Toutefois, les systèmes à venir pourraient être beaucoup plus costauds. Prévision.
En bref :
Une première moitié d'hiver plus neigeuse que la normale pour plusieurs secteurs, dont Montréal;
Un changement de régime prévu avec des systèmes potentiellement plus puissants;
L’humidité et la douceur au sud serviront de carburant aux systèmes.
L’hiver en avance
Le bilan de la mi-saison est sans équivoque : l'hiver 2025-2026 est actif. Plusieurs secteurs du Québec ont reçu plus de neige que la normale à pareille date. Montréal a déjà reçu 121 cm, alors que la moyenne est de 92 cm. Sept-Îles croule sous 223 cm de neige (normale de 161 cm).

Pour la deuxième moitié de l'hiver météorologique (d'ici la fin février), la tendance devrait se maintenir près des normales pour Val-d'Or, Québec et Gaspé. Par contre, Montréal et le sud de la province ont de bonnes chances de finir avec un bilan au-dessus de la moyenne.

On passe des petits systèmes aux grosses tempêtes
Ce n'est pas seulement la quantité de neige qui retient l'attention, mais le type de systèmes qui nous l'apporte.
« Depuis le début de la saison, ce sont surtout les systèmes en provenance de l'Ouest canadien qui ont dominé », explique Kevin Cloutier, météorologue. Ces systèmes ont l’habitude de passer rapidement en laissant des accumulations de neige modestes à modérées. Nous en avons eu beaucoup, mais nous avons évité les tempêtes hivernales majeures au Québec.

La donne va changer pour la fin de l'hiver. Le contexte atmosphérique devrait favoriser le développement de dépressions originaires du Colorado et du Texas. Contrairement aux clippers de l’Alberta, ces systèmes peuvent puiser dans un grand réservoir de chaleur et d’humidité au sud.
Le carburant est disponible
Pourquoi ce changement? Une crête atmosphérique positionnée sur le sud-est des États-Unis agira comme une pompe. Elle fera remonter la douceur et l'humidité du golfe du Mexique vers le nord.

Cet apport d'énergie agira comme un véritable carburant pour les dépressions. Au lieu de petites visites fréquentes de systèmes, comme on l’a vu jusqu’à maintenant au Québec, on surveillera des systèmes plus organisés capables de générer de vraies tempêtes hivernales avec des accumulations de 20 à 25 cm de neige, voire plus, en un seul coup.
Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.