Hiver 2026-2027 : comment un super El Niño pourrait l'affecter
Un El Niño déjà officiellement fort continue de se renforcer dans le bassin du Pacifique, et les probabilités d'atteindre le seuil du « super El Niño » cet hiver atteignent maintenant 81 %, ce qui pourrait se traduire par une saison froide plus douce que la normale au Québec. Supers détails.
En résumé :
l'anomalie de température de la zone Niño 3.4 atteignait 1,5 °C au 3 août;
les probabilités d'un super El Niño durant l'hiver s'élèvent à 81 %;
le Québec pourrait connaître un hiver plus doux que la normale, à l'opposé du précédent.
Un Pacifique qui ne cesse de se réchauffer
Les conditions El Niño se renforcent semaine après semaine dans le Pacifique. L'anomalie de température de surface, réactualisée le 3 août, grimpe désormais à 1,5 °C dans la zone Niño 3.4, le secteur clé que surveillent les scientifiques pour évaluer l'intensité du phénomène. Cette région vit son été le plus chaud jamais enregistré, devant celui de 1997-1998, et se situe à environ 0,25 °C du record absolu de novembre 2015.

Vers un super El Niño cet hiver
L'épisode est déjà classé « fort » et les probabilités d'atteindre le stade du super El Niño durant l'hiver s'élèvent maintenant à 81 %. Certains modèles placent le sommet jusqu'à 50 % au-dessus du précédent record, soit un territoire pratiquement inconnu. Même le nouvel indice RONI, qui ajuste les anomalies aux effets des changements climatiques, confirme le caractère extraordinaire de la situation.

Vers un hiver québécois plus clément ?
C'est durant la saison froide que l'influence d'El Niño se fait le plus sentir chez nous. Parce que l’eau chaude du Pacifique réchauffe l'air au-dessus d'elle et l'oblige à s'élever, ce qui vient bousculer le courant-jet, ce fleuve de vent en altitude qui pilote nos systèmes météo.
En période d'El Niño puissant, le courant-jet se sépare en deux branches : la branche sud file vers le Mexique et le sud des États-Unis en y déversant pluie, instabilité et températures sous les normales. La branche nord, elle, se maintient au-dessus du Canada et agit comme une barrière, empêchant l’air arctique de plonger sur le Québec, et permet ainsi à l'air doux du Pacifique de traverser plus facilement le continent jusqu'à nous.
C'est ce qui favorise des températures au-dessus des normales et un hiver plutôt doux.

Mais attention : oui, les hivers 2023-2024, 2015-2016 et 1997-1998 offrent des pistes de prévision intéressantes, mais chaque El Niño reste unique. D'ici décembre, c’est l'évolution des eaux du Pacifique qui en dira le plus long sur le visage réel de notre prochain hiver.
Avec la collaboration de Bissem Boujnane, météorologue.
