Feux de forêt au Québec : les chiffres ne sont pas ceux que vous pensez
Le bilan des feux de forêt surprend au Québec : moins de superficie brûlée que la normale dans le sud, mais deux fois plus que la moyenne dans la zone nordique. Détails fumants.
En résumé :
la Colombie-Britannique domine le bilan canadien avec près de 1 500 feux depuis le début de l'année;
la zone de protection intensive du Québec reste sous la moyenne, avec deux fois moins de superficie brûlée;
la zone nordique, elle, a vu sa superficie brûlée doubler par rapport à la moyenne de dix ans.
La Colombie-Britannique mène le bal
En date du 11 septembre, la Colombie-Britannique cumule près de 1 500 feux depuis le début de l'année, de loin le plus gros contingent au pays. Et pourtant, même là, le bilan se tient tout près de la moyenne. L'impression d'une saison monstrueuse ne résiste pas tout à fait aux chiffres.

Le sud du Québec s'en tire mieux qu'on le croit
Dans la zone de protection intensive, celle qui couvre le sud habité et où chaque feu est systématiquement éteint, le Québec se situe sous la moyenne pour le nombre d'incendies. Mais c'est la superficie qui frappe : deux fois moins de territoire brûlé que la normale. Les pompiers forestiers ont visiblement gardé les brasiers en laisse cet été.
Le Nord raconte une autre histoire
Changement de décor en zone nordique, où la SOPFEU surveille les feux et n'intervient que s'ils menacent une communauté ou une infrastructure. On y dépasse largement la moyenne des dix dernières années, et la superficie brûlée a carrément doublé au 11 septembre. Un même été, deux bilans opposés.

Un été qui a changé d'humeur en chemin
Juin a donné le ton en étant très actif sur le plan des feux de forêt. C’est d’ailleurs probablement ce qui nous a laissé cette impression de saison catastrophique pour nos arbres. Mais juillet a baissé le volume. Puis août a pratiquement fermé le robinet : quatre fois moins que la moyenne mensuelle.

L'explication se trouve en grande partie dans le ciel, avec l'été orageux que nous avons eu. La foudre a allumé des feux, surtout au nord, pendant que la pluie qui l'accompagnait trempait le reste du territoire.

Moral de l'histoire : une saison de feux de forêt ne se résume jamais à une moyenne. Cette année, c'est la météo elle-même qui a joué les pompiers dans le sud, pendant qu'elle craquait des allumettes dans le nord.
Avec la collaboration de Bissem Boujnane, météorologue.
