El Niño pourrait déjouer les plans des « Hurricanes »
Alors que les partisans du hockey surveillent les Hurricanes de la Caroline en séries contre les Canadiens de Montréal, les météorologues, eux, gardent un œil sur un autre type de « Hurricane ». Et cette année, El Niño pourrait compliquer les plans des cyclones atlantiques. Un aréna plein de détails.
En résumé :
El Niño pourrait limiter la formation d’ouragans dans l’Atlantique cet été;
la NOAA prévoit une saison sous la normale entre le 1er juin et le 30 novembre;
plus calme ne veut quand même pas dire absence d’ouragans majeurs.
Une saison qui pourrait manquer d’offensive
La saison des ouragans 2026 dans l’Atlantique pourrait être moins active que la normale, en partie à cause du retour d’El Niño, un phénomène qui devrait provoquer un véritable « désavantage numérique » pour les tempêtes tropicales.
La NOAA prévoit entre 8 et 14 tempêtes nommées, dont 3 à 6 ouragans, et de 1 à 3 ouragans majeurs. En temps normal, on observe environ 14 tempêtes nommées et 7 ouragans par saison.

El Niño : la zamboni qui ralentit le rythme entre deux périodes
Le principal facteur derrière cette prévision plus modérée est le développement d’El Niño dans le Pacifique. Ce phénomène réchauffe les eaux du Pacifique équatorial et modifie la circulation atmosphérique à grande échelle.
Dans l’Atlantique, El Niño augmente généralement le cisaillement des vents, c’est-à-dire des vents qui changent de vitesse ou de direction avec l’altitude. Pour un ouragan, c’est un peu comme tenter de construire un jeu offensif pendant qu’une équipe adverse applique une pression constante : la structure devient instable et les systèmes peinent à s’intensifier.

Attention aux prolongations
Même avec une saison moins active, le risque de tempêtes destructrices demeure bien réel. Certaines années influencées par El Niño ont tout de même produit des ouragans majeurs aux conséquences importantes.

Les eaux de l’Atlantique restent d’ailleurs plus chaudes que la normale à plusieurs endroits, ce qui pourrait fournir assez d’énergie pour alimenter certaines tempêtes plus puissantes. Et lorsqu’un ouragan patine vers le nord, ses effets peuvent aussi se faire sentir jusque dans l’est du Canada, avec de fortes pluies, des vents violents et des risques d’inondation.
Autrement dit, même si El Niño pourrait ralentir l’attaque des ouragans cette saison, ce serait une erreur de s’endormir avant la sirène finale.
Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
