El Niño historique : ce pays déclare l’état d’urgence

Face à une sécheresse intense provoquée par El Niño, le Panama a décrété l'état d'urgence. La circulation dans le canal de Panama, une artère vitale du commerce mondial, est menacée. Explications.


Mesures d'urgence

Alors que les températures mondiales battent des records et que les pluies diluviennes se multiplient, l'Amérique centrale fait face à un tout autre visage d'El Niño : une sécheresse sévère qui pousse déjà trois pays à des mesures d'urgence. Le Panama a décrété mardi un état d'urgence en lien avec le phénomène, rejoignant le Honduras et le Salvador, qui sont pour leur part en état d'alerte.

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Un contexte de chaleur record

Cette annonce survient au moment même où la température moyenne des océans du globe a atteint un nouveau sommet il y a quelques jours, à 21,1 °C, dépassant le précédent record de 21,09 °C établi au printemps 2024. Le moment est significatif : normalement, ce genre de pic survient plutôt entre mars et avril, lors de l'été de l'hémisphère Sud. Cette fois, le nouveau record est survenu en plein mois d'août, un signe que l'épisode actuel d'El Niño évolue avec une intensité inhabituelle. Certains experts estiment que la combinaison d'El Niño et du réchauffement climatique d'origine humaine pourrait faire de 2027 l'année la plus chaude jamais enregistrée.

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La sécheresse menace le canal

Le gouvernement panaméen a décrété l'état d'urgence nationale mardi, invoquant les risques de sécheresse, d'inondations, ainsi que les répercussions possibles sur l'agriculture, l'approvisionnement énergétique et le canal de Panama, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial.

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La baisse des précipitations exerce une pression directe sur les réserves d'eau douce du pays, qui alimentent à la fois les cultures et le canal. La semaine précédente, l'Autorité du canal avait déjà annoncé une réduction du trafic, qui passera de 36 à 34 transits quotidiens dès le 3 septembre, puis à 32 à la mi-septembre. Or, environ 5 % du commerce maritime mondial transite par cette voie de 80 kilomètres reliant les océans Atlantique et Pacifique. Cette réduction semble mince, mais elle pourrait se faire sentir bien au-delà des frontières panaméennes. Concrètement, l'état d'urgence donne au gouvernement des pouvoirs élargis pour mobiliser rapidement des ressources et coordonner les interventions face aux inondations, aux glissements de terrain et à la gestion de l'eau potable, sans avoir à suivre les processus administratifs habituels.

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Deux autres pays sont touchés

Le même jour, le Salvador a déclenché son état d'alerte maximale, activant surveillance et aide aux communautés affectées à l'échelle du pays. Le pays a enregistré 14 records de température uniquement en août, dans une période habituellement marquée par des précipitations abondantes. Les pertes agricoles sont déjà importantes : les autorités environnementales évoquent une réduction d'environ 20 % de la première récolte de céréales de base. Au Honduras, la sécheresse a forcé les autorités à déclarer l'alerte pour 80 % du territoire national, illustrant l'ampleur régionale du phénomène.

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Sous surveillance jusqu'en 2027

Selon les prévisions, cet épisode d'El Niño devrait continuer à s'intensifier jusqu'en octobre, voire jusqu’en novembre et se maintenir jusqu'en mars 2027. Pour l'Amérique centrale, cela signifie que les prochains mois seront déterminants. La gestion des réserves d'eau et des cultures pourrait rester précaire tant que la sécheresse va persister, avec des répercussions qui dépassent largement les frontières régionales, notamment sur le commerce maritime mondial.

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.

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