El Niño établit un nouveau record absolu, et ce n'est pas terminé
Le Pacifique équatorial vient d'atteindre la température la plus élevée jamais mesurée dans la zone clé d'El Niño. Il l'a fait près de deux mois avant le moment où le phénomène atteint d'habitude son pic. Détails… inquiétants.
En résumé :
la zone Niño 3.4 a atteint 29,8 °C le 25 septembre;
le record de novembre 2015 serait battu de quelques dixièmes de degré;
le pic est attendu en fin d'année, ce qui laisse place à encore plus de chaleur.
Un thermomètre au cœur du Pacifique
Le 25 septembre, les eaux de surface de la zone Niño 3.4 ont atteint 29,8 °C, une anomalie de +3,11 °C. Cette zone est un grand rectangle d'océan au milieu du Pacifique équatorial qui sert de thermomètre officiel au phénomène.
Selon les analyses préliminaires, qui restent à confirmer, ce serait la température la plus élevée jamais enregistrée dans ce secteur. Elle dépasse de quelques dixièmes de degré le record du 17 novembre 2015.

Un record battu… à mi-parcours
Ce qui préoccupe les spécialistes, c'est moins le record que le calendrier. El Niño atteint normalement son sommet en novembre ou en décembre. Cette année, il a fracassé la marque avec près de deux mois d'avance. Un peu comme un marathonien qui bat le record du monde… au 25e kilomètre. Et il semble avoir encore du jus.

Des modèles unanimes
Selon une analyse de Carbon Brief, les modèles saisonniers prévoient un pic entre novembre et janvier qui dépasserait celui de 2015-2016. Aucun des 674 scénarios examinés ne reste sous l'ancien record. Autrement dit, ce « super El Niño » n'a probablement pas dit son dernier mot.
Et pour la planète?
Il faut savoir que la chaleur d'El Niño met quelques mois à se répandre dans l'atmosphère, comme un calorifère qu'on vient d'allumer dans une pièce froide. L'année 2026 pourrait être la plus chaude ou la deuxième plus chaude jamais enregistrée. C'est toutefois surtout 2027 qui risque d'en subir tous les effets.

Le Pacifique a déjà mis la barre très haute, et il n'a visiblement pas fini de monter le chauffage.
Avec la collaboration de Lucile Le Liboux, météorologue.
