Des orages violents auraient provoqué deux événements catastrophiques

Une séquence météo hors norme a frappé la Floride dimanche avec des orages répétés qui ont inondé une vaste portion de l’État. Un jet privé en route vers les Bahamas s'est écrasé près de Palm Beach, et l’accident a peut-être été causé par ces tempêtes. Explications.


En bref :

  • Des orages ont déposé jusqu’à 350 mm de pluie sur certains secteurs de la Floride;

  • Les orages se poursuivent lundi et d’autres sérieuses inondations sont à prévoir;

  • Des conditions météo extrêmes ont peut-être causé l’écrasement d’un avion qui a causé la mort des neuf personnes à bord.

Une enquête est en cours

Commençons par spécifier que l’on ne peut pas affirmer clairement que les orages ont causé l'écrasement d’avion qui s’est produit vers 12h49 dimanche après-midi. Une enquête est en cours, et les autorités n'ont rien confirmé à ce sujet. Mais la séquence est troublante, et les météorologues autant que les experts en aviation regardent de très près ce qui se passait dans le ciel au-dessus de l’itinéraire de l’avion dimanche.

Une Floride gorgée d'eau

Une bande de pluie intense a traversé l'État avec des accumulations qui ont atteint jusqu'à 350 mm dans certains secteurs, parfois au rythme de 40 mm de pluie à l’heure. On parle ici d’intensité qui dépassent largement la capacité des réseaux de drainage peuvent absorber. Les zones les plus arrosées se situent entre Venice, Fort Myers, Port Saint Lucie, West Palm Beach et Palm Bay, avec un noyau particulièrement marqué au-dessus du centre de la péninsule. Plus à l'est, la bande s'étend vers Freeport et Nassau, aux Bahamas, qui était justement la destination de l'avion.

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Les orages tiennent bon

Lundi matin, la situation n'était pas terminée avec des orages qui se poursuivaient sur une bonne partie de la Floride et au-dessus des Bahamas. L’énergie disponible était encore très élevée sur toute la région. C'est la signature d'un système lent, alimenté par de l'air tropical très humide, qui se réactive sur place plutôt que de balayer rapidement plusieurs zones. Quand ça se produit, les mêmes secteurs reçoivent de la pluie encore et encore, et les inondations deviennent inévitables.

Pourquoi tant de pluie?

Trois ingrédients se sont combinés. D'abord, une atmosphère saturée d'humidité, soit de l'air tropical chargé d'eau, qui remonte du golfe du Mexique et des Caraïbes. Le second ingrédient est une circulation lente, qui empêche les cellules orageuses de se déplacer rapidement. Elles se stationnent en quelque sorte, et déversent toute leur pluie au même endroit. Enfin, une énergie convective très élevée, ce qui permet aux orages de monter haut, vite, et de produire des quantités de pluie anormales sur de courtes périodes. Le résultat, ce sont des crues soudaines, des routes submergées, et des quartiers qui se transforment en lagons pour quelques heures.

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Terrible écrasement

Un Learjet 60 reliait Austin, au Texas, à North Eleuthera, aux Bahamas, avec neuf personnes à bord. Selon les données du vol, l'appareil a traversé le golfe du Mexique, est entré en Floride près de Naples, puis a bifurqué vers le sud au-dessus de Palm Beach avant de s’écraser dans Greenacres, un quartier résidentiel. Pour l’instant, aucun blessé au sol n’a été rapporté, ce qui tient presque du miracle. L'avion volait à environ 41 000 pieds, est descendu à 35 000, puis a chuté jusqu'au sol en à peine une minute. Selon les experts, cette descente rapide soulève immédiatement des questions.

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Une hypothèse

On rappelle que l’on parle ici d'hypothèses qu’une enquête va devoir vérifier. Un orage en développement rapide crée des courants d'air verticaux très puissants. Un avion qui pénètre dans le sommet de ce genre de cellule, soit la partie la plus turbulente, peut subir des contraintes extrêmes en quelques secondes. Si l’appareil en question est entré dans le sommet d'un orage, dans cette masse d'air très agitée, il a pu subir des dommages structurels suffisants pour perdre le contrôle. Des images semblent indiquer qu’au moment du crash, l’avion avait perdu une partie de sa queue.

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Une autre hypothèse: le givrage

Selon le site MyRadar, le développement vertical rapide d'une cellule orageuse a soulevé beaucoup d'humidité, l’avion serait entré dans cette cellule et y aurait rencontré du givrage important et de la turbulence.Quand un avion traverse une zone de forte humidité à une altitude où la température est sous le point de congélation, de la glace peut se déposer sur les surfaces portantes. En quantité suffisante, cette glace déforme le profil de l'aile, réduit la portance et augmente le poids. C'est un danger connu, documenté, et l'un des rares risques météo qu'un pilote peut combattre avec les systèmes de dégivrage, mais qui peut devenir critique si l'accumulation est rapide.

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Rien n’est confirmé

Il est important de mentionner que rien de tout cela n'est confirmé. La cause de l'écrasement n'est pas déterminée. Les dommages liés à la météo et la possibilité d'une rupture en vol n'ont pas été établis. Et la trajectoire de l'avion, à elle seule, n'explique ni le virage ni la descente. Le fait qu'il y ait eu des orages violents dans le secteur ne signifie pas que l'avion les a rencontrés et non plus que ceux-ci sont en cause.

Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.

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