
De -50° à 20° : les deux visages de février au pays
Une semaine après avoir vu le mercure dépasser les 20° en Alberta, le nord du pays replonge dans un froid polaire avec des températures de -50° et des ressentis de -60. Histoire d’un territoire d’extrêmes.
En bref:
Au Yukon et aux Territoires-du-Nord-Ouest, le mercure est passé sous la barre des -50° cette semaine;
C’est le troisième épisode de -50° au Canada cette année;
Il a fait 21° en Alberta moins d’une semaine avant cet épisode de froid polaire.
Des airs de printemps
Plusieurs régions du Canada profitent enfin d’un certain répit hivernal. À Calgary notamment, le maximum devrait frôler les 10° jeudi. Pendant ce temps, une portion du pays doit composer avec un retour brutal du froid extrême. Le Nord canadien fait face à des conditions particulièrement rigoureuses, rappelant que l’hiver est loin d’être terminé, malgré ce qu’en pense diverses marmottes.

Froid d’une rare intensité
Mercredi matin, la température a plongé jusqu’à -52,3° à Thomsen River, dans les Territoires du Nord-Ouest. On parle de valeurs exceptionnelles même pour cette région du pays. Ce sont des températures qui ont entraîné l’émission d’avertissements de froid extrême, avec des refroidissements éoliens pouvant atteindre -60. Ces conditions glaciales devraient persister au moins jusqu’à mercredi, forçant les résidents à rester à l’intérieur, ou du moins à redoubler de prudence face à l’air arctique mordant.

Un contraste marqué
Pendant que le Nord grelotte, le sud du Canada bénéficie d’un répit plus saisonnier. Cette semaine, un flux en provenance du Pacifique transporte de l’air plus doux vers les secteurs à l’est des Rocheuses. Cette configuration atmosphérique permet à plusieurs communautés de souffler après des périodes de froid intense.
À Lethbridge notamment, on prévoit un maximum de 11° jeudi en après-midi. Le contraste thermique devient encore plus frappant lorsqu’on observe les températures enregistrées récemment dans l’Ouest canadien. À Barnwell en Alberta, le mercure a franchi la barre des 21° le 4 février, soit moins d’une semaine avant les -52° au nord du pays. Ce redoux spectaculaire, alimenté par des vents descendants de type chinook, illustre à quel point les masses d’air peuvent varier rapidement d’une région à l’autre au pays.
Passer d’un redoux printanier dans les Prairies à des conditions proches des extrêmes arctiques dans le Nord en l’espace de quelques jours souligne l’ampleur des contrastes météorologiques typiques de l’hiver canadien. Ces écarts témoignent de la complexité des interactions entre l’air doux du Pacifique et les réserves d’air glacial confinées dans l’Arctique.

Un vortex polaire qui n’aime pas le sud
Cet épisode de froid est associé à un vortex polaire affaibli et étiré au-dessus du Nord canadien. Bonne nouvelle : contrairement à certains événements passés, ce vortex ne devrait pas plonger vers le sud du pays. Au contraire, il tend à se replier vers le pôle Nord, ce qui va maintenir l’air arctique dans les hautes latitudes. Cette dynamique favorise un contraste thermique important entre le Nord, plongé dans un froid profond, et le Sud, où une tendance plus clémente s’installe.

Des nuits particulièrement dangereuses
Les refroidissements éoliens les plus sévères sont attendus durant la nuit, notamment autour de Dawson City au Yukon et de Yellowknife dans les Territoires-du-Nord-Ouest. Le vent va rendre les températures déjà glaciales encore plus menaçantes. Les autorités recommandent aux résidents des régions touchées de limiter le temps passé à l’extérieur, de porter plusieurs couches de vêtements et de veiller sur les personnes vulnérables.
Avec la collaboration d'Alexandra Giroux, météorologue.
