Changements climatiques : El Niño ne sera plus jamais le même
Dans un contexte de changement climatique et d’océans qui se réchauffent, les scientifiques modifient la façon de mesurer El Niño et La Niña afin de mieux refléter leur influence réelle sur la météo mondiale, y compris au Québec. Précisions.
En résumé :
une méthode gênée par les changements climatiques;
un nouvel indice relatif tient compte du réchauffement global des océans;
cette révision améliore les prévisions climatiques à long terme en Amérique du Nord.
Mais qu’est-ce que ça mange en hiver, tout ça?
El Niño et La Niña font partie d’un même système appelé ENSO, qui repose sur les variations de température de l’eau de surface dans l’océan Pacifique équatorial, à l’ouest de l’Amérique du Sud.
Quand cette eau est plus chaude que la normale, on parle d’El Niño; lorsqu’elle est plus froide, on parle de La Niña. Ces fluctuations influencent la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire et jouent un rôle majeur dans la météo saisonnière.

Pourquoi la méthode actuelle posait problème
Jusqu’à tout récemment, l’intensité d’El Niño ou de La Niña était déterminée en comparant la température de l’eau à une moyenne de référence, soit celle de 1991 à 2020. Mais, les changements climatiques rendent cette référence un peu moins précise, puisqu’ils réchauffent petit à petit les océans, amplifiant du même coup l'intensité perçue de La Niña ou minimisant celle d'El Niño.

Un nouvel indice pour un océan plus chaud
Pour corriger le tir, la National Oceanic and Atmospheric Administration adopte un indice relatif. Désormais, la température de la zone ENSO sera comparée non seulement à une moyenne historique, mais aussi aux eaux tropicales environnantes. On mesure ainsi le contraste réel entre cette région clé et les eaux tropicales à travers le monde, ce qui reflète mieux son impact sur l’atmosphère.

Des conséquences jusque chez nous
Cette révision est loin d’être théorique. La température du Pacifique influence les courants atmosphériques qui traversent l’Amérique du Nord. Une meilleure lecture d’ENSO permettra donc d’affiner les prévisions à long terme, notamment en ce qui concerne les hivers plus doux ou plus froids, les périodes plus sèches ou plus humides, et certains régimes météo susceptibles d’affecter le Québec.
Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.
