Chaleur extrême et dangereuse : plus de 50 degrés dans cette région
Le sud-ouest des États-Unis s’apprête à traverser une nouvelle période de chaleur extrême, et le mot n’est vraiment pas exagéré. Explications.
Une vallée qui porte bien son nom
Dans plusieurs secteurs de la Californie, du Nevada et de l’Arizona, les températures devraient grimper entre 41 et 49 °C au cours des prochains jours, avec des pointes encore plus élevées dans les déserts les plus chauds, notamment 52 °C dans la Vallée de la Mort. Et surtout, les nuits ne feront presque pas redescendre le thermomètre, ce qui risque de rendre l’épisode particulièrement éprouvant pour la population.

Des chiffres éloquents
Les valeurs prévues sont impressionnantes, même pour une région habituée aux grandes chaleurs. Dans la vallée de Coachella et certains déserts du sud de la Californie, le mercure pourrait atteindre 49 °C. Dans le grand désert des Mojaves et autour de la vallée du Colorado, plusieurs secteurs doivent s’attendre à des maximums de 46 à 48 °C, alors que les vallées désertiques du sud du Nevada pourraient voir des températures de 42 à 46 °C. En Arizona, notamment autour de Phoenix, les prévisions parlent de 41 à 48 °C, tandis que Tucson pourrait grimper entre 41 et 44 °C.

Au Canada, le sud des Prairies sera affecté par cette vague d’une rare intensité. On prévoit notamment un maximum de 38 °C à Medecine Hat en Alberta, et de 36 °C à Regina en Saskatchewan samedi.
Des nuits pas reposantes.
Dans plusieurs secteurs désertiques, les minimums devraient rester entre 27 et 35 °C. Dans certaines portions de la Californie désertique, on parle même de nuits qui demeurent autour de 31 à 35 °C, soit des températures qui ressemblent davantage à un après-midi d’été ici qu’à une nuit censée rafraîchir l’air. N’oublions pas que la température minimum n’est jamais à la tombée de la nuit, mais bien tout juste avant le lever du soleil. Par exemple, à Phoenix, on prévoit un maximum de 47 °C vendredi, et un minimum de 34 ° la nuit suivante. Mais à 23h, alors que la plupart des gens seront au lit, le mercure va pointer à 41 °C. Ce n’est que vers 6h que le minimum de 34 °C sera atteint.

Le vrai problème
C’est souvent ce qui fait basculer une vague de chaleur de “très chaude” à dangereuse. Quand les températures minimales restent aussi élevées, les bâtiments, les routes et le sol emmagasinent la chaleur et la relâchent lentement. Résultat : le corps a beaucoup plus de difficulté à récupérer, surtout chez les personnes âgées, les jeunes enfants, les travailleurs extérieurs et tous ceux qui n’ont pas facilement accès à un endroit climatisé. Autrement dit, même après le coucher du soleil, la chaleur continue de peser lourdement sur le quotidien, le repos n’est que partiel et la journée suivante est d’autant plus éprouvante.
Est-ce un dôme de chaleur?
Le scénario ressemble beaucoup à ce qu’on appelle un dôme de chaleur. En gros, une vaste zone de haute pression agit comme un couvercle sur l’atmosphère. L’air s’enfonce lentement, se comprime et se réchauffe, pendant que le soleil continue de chauffer le sol jour après jour. Comme les nuages sont souvent peu nombreux dans ce type de configuration, l’énergie solaire entre facilement, et la chaleur finit par s’accumuler. C’est cette mécanique qui permet à la chaleur de durer plusieurs jours d’affilée et d’atteindre des niveaux très élevés. Bref, l’atmosphère se comporte un peu comme un four qui reste allumé et qu’on ouvre la porte le moins souvent possible.

Pourquoi cette vague sera-t-elle si éprouvante?
Le Sud-ouest états-unien connaît régulièrement de fortes chaleurs en été, mais cet épisode se démarque par son intensité, sa durée et surtout par les nuits anormalement chaudes. Dans ces régions, de telles valeurs ne sont pas inédites, mais elles restent nettement au-dessus de ce qu’on attend normalement, même à la fin juillet. Quand une région déjà chaude commence à trouver qu’il fait “trop chaud”, c’est généralement que la situation mérite une certaine attention.
Des effets au-delà de l’inconfort
Une telle chaleur peut avoir des conséquences très concrètes. Le risque le plus immédiat, c’est bien sûr celui des malaises liés à la chaleur, de l’épuisement à l’insolation. Les autorités insistent d’ailleurs sur le fait que les maladies liées à la chaleur deviennent beaucoup plus probables dans ce genre d’épisode. Mais il y a d’autres effets possibles :
pression accrue sur les réseaux électriques, à cause de la climatisation poussée au maximum;
dégradation de la qualité de l’air dans certains centres urbains;
risque accru d’incendies dans les secteurs très secs;
conditions difficiles pour les travailleurs extérieurs et les personnes en déplacement;
danger très rapide dans les véhicules, où l’habitacle peut atteindre des niveaux mortels en quelques minutes.
Des alertes déjà en vigueur
Des alertes de chaleur extrême sont déjà affichées dans plusieurs portions du Nevada, de la Californie et de l’Arizona. Les autorités parlent explicitement de conditions dangereusement chaudes et soulignent que les risques liés à la chaleur vont augmenter de façon importante pendant l’événement. Dans certains secteurs, ces avertissements couvrent plusieurs jours d’affilée, ce qui montre bien qu’il ne s’agit pas simplement d’un pic de chaleur d’une journée.
Brûlant, même sans humidité
Il est important de noter que les températures mesurées sont celles de l’air, donc pas sur une surface exposée au soleil. En plein soleil avec une température de 49 °C, une surface asphaltée peut atteindre 80 °C. Un animal s’y brûlerait les pattes en moins d’une minute. D'ailleurs, depuis 2013, les autorités de Parc national de la Vallée de la Mort demandent aux gens d’arrêter de faire cuire des œufs sur le bitume, une pratique devenue virale sur les réseaux sociaux. Les visiteurs font souvent cuire un œuf directement sur l’asphalte, sans utiliser de poêlon. Il va sans dire que la surface d’une route est loin d’être antiadhésive, et certaines routes deviennent parsemées d'œufs cuits incrustés dans l’asphalte.
Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
