Arctique : déficit marqué de la couverture de glace

La couverture de glace dans l’Arctique demeure nettement sous les normales en ce début de 2026, avec des anomalies marquées autour du Canada et du Groenland. Détails dégelés à 80%…

En résumé :

  • janvier 2026 affiche une anomalie moyenne de -5,5 %, l’une des plus faibles jamais observées;

  • jusqu’à __80 % de glace en moins __que la normale dans la baie de Baffin et la mer du Labrador;

  • des températures exceptionnellement douces dans l’Arctique canadien, avec des écarts dépassant +15 °C localement.

Un mois de janvier parmi les plus faibles

Selon les données du centre européen pour le climat, janvier 2026 se classe au troisième rang des plus faibles étendues de glace pour un mois de janvier, avec un déficit moyen de -5,5 % par rapport à la normale. Seules 2025 et 2018 ont fait pire, toutes deux à -6 %.

Jusqu’à 80 % moins de glace en Arctique.

Ce classement confirme une tendance lourde : même au cœur de l’hiver, période où la banquise atteint normalement son expansion maximale, la glace peine à se reformer pleinement. L’Arctique démarre donc l’année avec un retard qui pourrait influencer la saison de fonte à venir.

Pourquoi ce déficit de glace?

Le manque de glace s’explique en partie par le vortex polaire qui nous a aussi grandement affecté récemment. En se déstabilisant, l’air froid descend vers le sud, permettant à de l’air plus doux de remonter vers le nord. Et quand l’air froid déserte le pôle, la formation de glace ralentit, voire stagne, surtout en début de saison. À cela s’ajoute la chaleur accumulée dans l’océan durant les derniers mois, qui retarde la prise des eaux en surface. Moins de glace, plus d’eau libre, plus d’absorption de chaleur : un cercle qui risque d'entretenir le déficit.

Des secteurs particulièrement touchés

Ce manque est loin d’être uniforme. Les analyses montrent jusqu’à 80 % de glace en moins que la moyenne dans la baie de Baffin et la mer du Labrador. Ces zones, situées entre le Canada et le Groenland, figurent parmi les plus affectées.

Jusqu’à 80 % moins de glace en Arctique.

Cette absence de glace expose davantage l’océan aux échanges de chaleur avec l’atmosphère, ce qui peut accentuer le réchauffement régional et modifier les trajectoires des systèmes météorologiques.

Des anomalies de température marquées

Au cours des 30 derniers jours, l’Arctique canadien a connu des anomalies de température exceptionnelles, dépassant localement les +15 °C par rapport aux normales.

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Jusqu’à 80 % moins de glace en Arctique.

À l’inverse, certaines portions du Québec ont enregistré des anomalies négatives. Ce contraste illustre bien les déséquilibres atmosphériques actuels : pendant que le sud grelotte, le Grand Nord respire un air anormalement doux.

L'effet miroir de la banquise : un équilibre fragile

Véritable miroir solaire et régulateur thermique, la banquise arctique joue un rôle crucial lors du retour du soleil, au moment où elle doit normalement réfléchir le rayonnement estival. Mais si elle est déjà affaiblie à la fin de l'hiver, elle ne peut que fondre davantage durant l'été ; ce déficit initial brise l'équilibre climatique nordique et engendre des répercussions mondiales qui dépassent largement le cercle polaire.

Avec la collaboration de Mathias Ponton, météorologue.

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