Après Cristobal, une menace plus concrète se développe dans l’Atlantique

La tempête Cristobal n’aura fait que passer. Le bassin atlantique tarde peut-être à se réveiller, mais il n’a certainement pas dit son dernier mot. Explications.


Cristobal, la tempête furtive

L’Atlantique demeure anormalement discret en cette saison des ouragans, même si la dépression tropicale Cristobal est venue brièvement animer le bassin. Le système a été moins menaçant qu’un petit chien sans dents et d’une très courte durée de vie. Il n’a pas réussi à profiter longtemps des conditions nécessaires pour se développer davantage. Cristobal a réussi à souffler à plus de 90 km/h, mais jeudi matin, il s’était déjà calmé et ses vents étaient estimés à 55 km/h, soit ce que les gens des Îles-de-la-Madeleine appellent un mardi après-midi tranquille. Sa pression barométrique d’environ 1008 hPa est une autre preuve que Cristobal est resté un système modeste, davantage marqué par ses bandes orageuses désorganisées que par une structure bien définie. Sa trajectoire vers le nord-est l’a rapidement amené vers un environnement moins favorable, ce qui explique sa durée de vie limitée.

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Une saison qui tarde à décoller

Le passage de Cristobal ne change pas le portrait général: la saison des ouragans dans l’Atlantique continue de montrer un certain retard. En temps normal, la troisième tempête nommée apparaît autour du 3 août, et on surveille habituellement la formation du premier ouragan le 11 août. Cette année, l’activité s’est montrée plus hésitante, avec des systèmes qui peinent à s’intensifier ou à s’organiser durablement. Cristobal en est un bon exemple. Le système a réussi à obtenir un nom, mais sans jamais démontrer un potentiel sérieux d’intensification. Sa structure est demeurée fragile et sa fenêtre de développement, très courte.

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Deux zones à surveiller

Avec Cristobal qui s’essouffle lentement mais sûrement, l’attention se tourne déjà vers deux autres systèmes en développement dans l’Atlantique tropical. Et cette fois, la situation mérite une attention particulière, surtout parce que ces zones perturbées évoluent près des Antilles et des Caraïbes. La proximité de ces archipels augmente toujours l’intérêt et le niveau de vigilance, même lorsqu’il s’agit encore de systèmes mal organisés, car Antilles et Caraïbes abritent plus de 45 millions de personnes. À ce stade, il est trop tôt pour parler d’impacts précis, mais même sans développement rapide en cyclone tropical, ces systèmes peuvent tout de même devenir des menaces pour plusieurs îles des Caraïbes et, éventuellement, pour d’autres secteurs du bassin.

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Pourquoi ces systèmes seront à suivre de près

Le principal enjeu n’est pas seulement leur probabilité de formation, mais bien leur position géographique. Lorsqu’un système important s’organise à proximité des Antilles ou des Caraïbes, les délais de réaction peuvent être plus courts pour les populations concernées. Dans ce genre de configuration, un système faible peut encore produire des conditions météo difficiles, surtout en terrain montagneux ou dans des régions vulnérables aux accumulations d’eau rapides. Même un développement lent ou partiel peut donc suffire à causer des problèmes importants.

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Le rôle d’El Niño en toile de fond

En arrière-plan, il faut aussi rappeler l’influence d’un El Niño fort. Ce phénomène tend généralement à augmenter le cisaillement des vents au-dessus de l’Atlantique tropical, ce qui nuit à l’organisation des systèmes et limite souvent leur intensification. C’est l’une des raisons qui peut expliquer une saison plus lente ou des tempêtes qui restent faibles, comme Cristobal. Cela ne veut toutefois pas dire qu’aucun risque majeur n’est possible. Même lors d’une saison moins active ou plus tardive, quelques systèmes bien placés peuvent suffire à marquer la saison.

Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.

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