
Bombe météo : des vents violents sèment le chaos au Québec
Une remorque renversée sur le pont Pierre-Laporte à Québec, une série de poteaux électriques couchés en pleine rue à Saint-Jean-Port-Joli : des rafales dépassant par moments les 100 km/h ont causé d'importants dommages mardi lors du passage d'une bombe météo dans la province.
Photo de couverture : Un abri temporaire renversé par les vents, mardi le 17 mars 2026, à Laval. Crédit : Rémi Desjardins
En bref :
Chute de pression d'environ 30 hectopascals entre lundi et mardi, ce qui confirme le statut de bombe météo;
Rafales du sud-ouest canalisées dans l'axe du fleuve, atteignant 104 km/h à Saint-Hubert et 107 km/h vers Gaspé;
Pannes de courant massives dans le sud du Québec;
Le pire est passé dans le sud, mais les vents se poursuivront jusqu’à mercredi matin dans l’est.
Une remorque renversée
La scène est saisissante : la remorque d'un camion a été carrément renversée sur le côté sur le pont Pierre-Laporte à Québec. La circulation a été perturbée pendant plusieurs heures. Sur la route 116 en Montérégie, un autobus aurait également été renversé sur le côté.

Crédit : Marco Faucher d'Escale VR Beaumont
Les trains d’exo n’ont pas échappé à la fureur du vent. Des arbres tombés sur les rails près du garage de Lachine ont perturbé le service sur plusieurs lignes. À L’Assomption et à Saint-Jean-Port-Joli, ce sont les poteaux électriques qui ont causé des problèmes. Cette situation nuisait non seulement à la circulation automobile, elle était aussi dangereuse. Réparer des fils sectionnés représente déjà un défi de taille pour les équipes d’Hydro-Québec, mais réinstaller plusieurs poteaux qui soutiennent ces fils est une tout autre tâche.
Une véritable bombe météorologique
Bien que l'expression puisse frapper l'imaginaire, le terme « bombe météo » est une appellation scientifique employée depuis les années 1940 pour décrire une dépression qui s'intensifie très rapidement.
Pour qu’un système obtienne cette appellation, il faut que la pression atmosphérique chute d’au moins 24 hectopascals en l'espace de 24 heures. Cette tempête remplit ce critère. En effet, entre lundi et mardi, le système a perdu environ 30 hectopascals, confirmant qu'il s'agit bel et bien d'une bombe météorologique.

Des vents canalisés dans l'axe du fleuve
Si le cœur de cette bombe météo est passé très loin au nord, dans des secteurs peu peuplés, ses effets se sont bien fait sentir plus au sud de la province, particulièrement dans l’axe du fleuve Saint-Laurent. « Ce phénomène s'explique par les vents de sud-ouest qui, en s'engageant dans la vallée du fleuve Saint-Laurent, se trouvent canalisés », explique le météorologue Bertin Ossonon.
En l’absence de barrière pour les ralentir, les vents s'engouffrent et accélèrent. C'est ce qui explique les fortes rafales enregistrées : 94 km/h à Montréal, 104 km/h à Saint-Hubert et 107 km/h à Gaspé. Par ailleurs, même à une bonne distance de son centre, une bombe météo peut générer des vents violents dépassant les 90 km/h.
Pannes massives
Des vents d’une telle puissance ont tendance à faire tomber des branches, ou carrément déraciner des arbres, entraînant de nombreuses pannes de courant. Ce fut le cas mardi, alors qu’au plus fort des pannes en avant-midi, plus de 300 000 foyers étaient privés de courant. La Montérégie et Lanaudière ont été particulièrement touchées. Vers 19 h, mardi, les pannes affectaient encore plus de 100 000 clients.
On n’a évidemment pas de décompte, mais il y a fort à parier également que plusieurs dizaines d’abris d’auto temporaires ont soudainement quitté leur entrée pour finir leur course à une autre adresse, voire une autre rue. Les vents ont soufflé avec force jusqu’au milieu de l’après-midi dans le sud du Québec, puis ont baissé d’un cran.
Dans l’est de la province, soit le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord, les rafales devraient demeurer puissantes jusqu’à la nuit prochaine. Les résidents de ces régions devront attendre mercredi matin pour observer une accalmie.
Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
