Une possible première en dix ans : Melissa n’a pas fini de nous étonner
L’ouragan Melissa a semé la dévastation sur plusieurs secteurs des Caraïbes. Elle poursuit sa course et même lorsqu’elle aura atteint le statut de tempête post-tropicale, ses effets pourraient se faire ressentir sur une région qui n’a pas connu une telle situation depuis un peu plus de dix ans… Explications.
Accélération
Lors de son intensification, alors qu’elle a alterné entre les catégories majeures de 3, 4 et 5 – touchant d’ailleurs terre en Jamaïque en début d’après-midi le 28 octobre en tant que la plus puissante catégorie d’ouragan – Melissa avait tendance à faire du surplace.

En effet, son déplacement particulièrement lent, parfois de 4 à 8 km/h, rendait les précipitations qu’elle déversait très dangereuses pour les régions ciblées. Depuis, sa vitesse de croisière a augmenté et elle se déplace maintenant à un rythme davantage près des 50 km/h. Jeudi soir, Melissa a rétrogradé en ouragan de catégorie 2, soufflant des vents dont les pointes peuvent atteindre les 165 km/h, alors qu’elle visite le secteur des Bermudes.

Une trajectoire moins tropicale
On surveille maintenant sa trajectoire vers le nord-est. « En allant vers le nord-est, au niveau de l’Atlantique, on voit bien que Melissa va perdre ses caractéristiques tropicales, comme son œil et son cœur, au large de Terre-Neuve, samedi », explique Bertin Ossonon, météorologue. Melissa sera alors une forte tempête extratropicale. On dit une « forte » tempête, car ses vents soutenus pourraient souffler jusqu’à 120 km/h, une force associée aux ouragans de catégorie 1. Ce seront les eaux froides qui l’envelopperont, à ce moment, un autre élément qui contribuera à lui retirer ses caractéristiques tropicales.

Tout au bout de la trajectoire de Melissa, on peut apercevoir une destination assez surprenante, qu’elle pourrait visiter mardi…
Deux grandes premières?
Effectivement, dans sa trajectoire se trouve l’Islande, ce qui est assez étonnant! La dernière fois qu’une telle situation s’est produite, c’est en 2014, quand Cristobal a parcouru une trajectoire de Porto Rico jusqu’à l’Islande, en perdant ses caractéristiques tropicales en cours de route. Cristobal a été actif du 23 août au 2 septembre. À noter que contrairement à Melissa, Cristobal n’a jamais dépassé le statut d’ouragan de catégorie 1. Cristobal s’est affaibli au large de Terre-Neuve et il a poursuivi sa course jusqu’au beau milieu de l’Islande. Ses vents soufflaient alors de 90 à 100 km/h.

Ainsi, en plus d’avoir été l’ouragan le plus puissant de l’histoire à toucher terre dans l’Atlantique, Melissa pourrait accomplir une autre première en visitant l’Islande, ce qui n’a pas été fait par un système tropical depuis 2014. Des secteurs du nord de l’Europe, comme les pays scandinaves, pourraient également ressentir les effets des restes de Melissa en début de semaine prochaine.
Avec toutes ces preuves à l’appui, on peut en conclure que Melissa n’a pas fini de nous étonner…
Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
