Une nouvelle tempête tropicale qui accuse un retard impressionnant
Faites connaissance avec Fay! Qui est-elle? La sixième tempête tropicale de l’année dans le bassin de l’Atlantique. Pour l’instant, tout semble indiquer que Fay ne devrait pas passer à l’histoire. Cependant, elle attire l’attention pour une raison anormale : elle accuse un important retard sur l’échéancier habituel des tempêtes de la saison des ouragans dans l’Atlantique. Explications.
En bref :
la sixième tempête tropicale de l’année, dans le bassin de l’Atlantique, a été baptisée Fay le 20 septembre;
elle est en mouvement près des Açores;
Fay est particulièrement en retard sur les moyennes habituellement observées pour ce bassin;
du côté du Pacifique, deux systèmes sont actuellement sous observation.
En pleine nage
C’est le 20 septembre en matinée que la tempête tropicale Fay a officiellement été nommée. Au moment d’écrire ces lignes, on ne s’attend pas à ce qu’elle ait une très longue durée de vie, ni à ce qu’elle touche terre et vienne bousculer le quotidien des habitants d’une région, même si elle nage à proximité des Açores. « Cependant, elle devrait se diriger plus vers le sud. Ses vents soufflent à 75 km/h. Ce n’est vraiment pas une tempête de grande ampleur. Au cours des prochains jours, Fay devrait redevenir une simple dépression tropicale », observe Lucile Le Liboux, météorologue.

Ainsi, il n’y a pas de conséquences attendues pour les Açores, cet archipel du Portugal situé au beau milieu de l’océan Atlantique.
À qui le nom?
Il n’en reste pas moins que ça fait d’elle la sixième tempête nommée dans le bassin atlantique, cette saison. Fay est particulièrement en retard sur les moyennes habituellement observées pour ces eaux. En moyenne, la sixième tempête nommée de l’Atlantique survient le 29 août. En date du 20 septembre, on se trouve habituellement plus près de la dixième tempête (qui reçoit un nom le 22, en moyenne).

Saviez-vous que c’est l’Organisation météorologique mondiale (OMM) qui choisit les noms des ouragans? Les prénoms masculins et féminins se retrouvent sur la liste, en alternance. L’OMM possède six listes de 21 noms pour l’Atlantique et 24 noms pour le Pacifique. Pourquoi? Car le second bassin est reconnu pour faire naître un plus grand nombre de tempêtes. D’ailleurs, avec le peu d’action qu’il y a dans l’Atlantique cette année, on peut penser que ce n’était peut-être pas si utile de se creuser la tête pour sélectionner autant de noms potentiels!

Une énergie qui s’essouffle avant son temps
On le sait : ce retard dans l’activité tropicale du bassin de l’Atlantique peut s’expliquer en partie par ce cher phénomène El Niño qui apporte beaucoup de cisaillement des vents en altitude. Cela a pour effet de complètement inhiber la formation cyclonique dans le bassin de l'Atlantique. La situation s’illustre très bien sur un graphique représentant l’énergie cyclonique accumulée (ACE), un indice qui tient compte de l’intensité d’un système tropical tout au long de son existence et qui quantifie une saison en entier en accumulant l’énergie attribuée à chaque système. « Cette année, au 19 septembre l’énergie cyclonique enregistrée pour ce bassin est de 4,4, alors qu’en moyenne au 20 septembre, elle est de 75,4 », précise la météorologue.

Bref, c’est vraiment au ralenti cette saison, du côté de l’océan Atlantique. De quoi vivre au rythme des six espèces de tortues marines qui y élisent domicile!
En revanche, du côté du bassin du Pacifique, deux systèmes sont présentement sous observation : un à 80 % et l’autre à 90 % de probabilités de se développer au cours des 48 prochaines heures.
Avec la collaboration de Lucile Le Liboux, météorologue.
