L’ouragan majeur Rachel égale un record rarement vu en 33 ans
Rachel devient le huitième ouragan majeur de la saison dans le Pacifique Est. Pendant ce temps, pas le moindre ouragan dans l’Atlantique. Une saison signée El Niño.
En bref :
Rachel est devenu un ouragan de catégorie 3;
L’ouragan s’éloigne actuellement des côtes du Mexique;
C’est déjà le huitième ouragan majeur de la saison dans le bassin Pacifique Est;
Une autre tempête pourrait se former d’ici peu dans le même bassin.

Une saison très active
La saison 2026 continue d'impressionner dans le Pacifique Est. Le 1er octobre, l'ouragan Rachel, qui affiche actuellement des vents de 185 km/h et une pression centrale de 955 hPa, est devenu le huitième ouragan majeur du bassin cette année, un chiffre qui place 2026 parmi les saisons les plus actives jamais enregistrées à pareille date. En date du 1er octobre, seulement quatre autres saisons avaient déjà atteint huit ouragans majeurs, soit de catégorie 3 ou plus dans le Pacifique Est depuis le début des relevés modernes, soit celles de 1992, 2014, 2015 et 2018. La seule saison à avoir fait mieux demeure celle de 1993, qui en comptait neuf à pareille date. Rachel vient donc rejoindre un groupe très sélect de saisons exceptionnelles, et il reste encore deux bons mois à la saison normale, qui se termine le 30 novembre.

Où est Rachel actuellement?
Les dernières images satellite montrent un ouragan de catégorie 3 bien organisé, avec un œil désormais bien visible entouré d'un mur d'orages intenses. Le système se déplace très lentement vers l'ouest, à seulement 7 km/h, ce qui lui donne amplement le temps de puiser l'énergie des eaux chaudes du Pacifique pour maintenir son intensité.

Une bonne nouvelle
Contrairement à certains systèmes qui ont marqué cette saison, Rachel ne représente pas une menace pour des zones habitées. Sa trajectoire prévue d'ici mercredi montre clairement que l'ouragan va s'éloigner des côtes mexicaines en empruntant une route similaire à celle qu'avait suivie l'ouragan Polo un peu plus tôt cette saison, mais en poursuivant son chemin vers le large plutôt que de revenir vers les terres. Polo avait été repoussé vers la péninsule de Basse-Californie par la tempête Odalys. Rachel devrait continuer de s'affaiblir progressivement en s'enfonçant dans le Pacifique.
Un autre système à surveiller
Pendant que Rachel s'éloigne tranquillement, un nouveau secteur de probabilité élevée de développement tropical se dessine plus près des côtes du Mexique. Ce secteur mérite une attention particulière au cours des prochains jours, puisqu'un nouveau système pourrait s'y organiser alors que les conditions demeurent très favorables dans l'ensemble du bassin. Avec Rachel, la liste officielle des noms de tempêtes pour 2026 est déjà bien entamée dans le Pacifique Est, la liste principale ne compte plus que quelques noms disponibles après celui-ci.

Un contraste frappant avec l'Atlantique
Difficile de ne pas souligner l'écart impressionnant entre les deux bassins cette année. Pendant que le Pacifique Est enchaîne les ouragans majeurs au même rythme qu’un politicien distribue les promesses, l'Atlantique demeure étonnamment calme, avec seulement une faible probabilité de développement tropical. Ce contraste d'activité entre les deux bassins colle bien au scénario classique d'une année dominée par un El Niño fort, qui a tendance à alimenter l'activité du côté du Pacifique tout en étouffant celle de l'Atlantique par un cisaillement des vents plus prononcé.

Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
