La tempête Dolly est née et elle pourrait frapper les Caraïbes
Dolly, la quatrième tempête tropicale de la saison, a vu le jour dans l'océan Atlantique et se dirige vers les Caraïbes. Le système devrait s’essouffler rapidement, mais son passage pourrait tout de même réserver de mauvaises surprises.
En bref :
Formation de Dolly dans l'Atlantique avec une trajectoire vers l'ouest;
Menace de fortes pluies et de crues subites ce week-end dans les Caraïbes;
Saison des ouragans au ralenti dans le bassin Atlantique;
Un nom attribué selon une liste préétablie qui n’a rien à voir avec le décès récent de Dolly Parton.
Fortes pluies et risque d’inondations
Dolly a été officiellement baptisée jeudi en fin de matinée par le Centre national des ouragans (NHC) américain. Accompagné de vents soutenus de 65 km/h, le système se déplace vers l'ouest à 40 km/h. Selon les prévisions du NHC, la tempête devrait toutefois s'essouffler pour régresser au stade de dépression tropicale d'ici 24 à 48 heures.

« On a un fort cisaillement des vents et de l'air sec aussi dans cette région, ce qui va limiter son développement », explique le météorologue Nicolas Lessard.
La prudence reste néanmoins de mise : le système atteindra la portion nord des Petites Antilles dès samedi soir, avant de toucher Porto Rico, la République dominicaine et Haïti d'ici lundi. De forts cumuls de pluie et des risques de crues subites sont à craindre, particulièrement en terrain montagneux dans les Petites Antilles, selon le NHC.

Une saison atlantique freinée par El Niño
Dolly est la première tempête nommée depuis Cristobal, le 12 août dernier. Le bassin atlantique accuse un retard d'environ deux semaines sur son calendrier habituel, alors que le pic moyen de la saison approche (généralement autour du 10 septembre).

Le phénomène El Niño, une anomalie chaude des eaux du Pacifique équatorial qui est observée depuis juin et qui continue de se renforcer, est en cause. Parmi ses effets, El Niño a tendance à limiter le développement des tempêtes dans l'Atlantique, tout en donnant du carburant à celles qui se forment dans le bassin Pacifique.
Comme de fait, les météorologues surveillent actuellement plusieurs tempêtes dans le Pacifique. On y retrouve notamment la tempête tropicale Lala, qui perd en intensité loin au large au nord-ouest d'Hawaï, ainsi que deux nouvelles tempêtes tropicales baptisées jeudi, Lowell et Karina, à l’ouest du Mexique. Deux autres zones sont également sous surveillance en raison d’un potentiel de développement cyclonique.

Le nom « Dolly » : un pur hasard
L’utilisation du nom Dolly pour une nouvelle tempête qui s’est formée deux jours seulement après la disparition de la vedette américaine de country Dolly Parton peut faire sourciller, mais il ne s'agit que d'une coïncidence.
L'attribution des noms de cyclones est gérée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui utilise six listes alphabétiques revenant en rotation tous les six ans. Le nom Dolly a été introduit sur la liste de 1996 pour remplacer « Diana », un nom retiré après le passage de l’ouragan Diana qui a frappé le Mexique et fait plus de 100 morts en 1990. L'OMM raye les noms des tempêtes jugées trop dévastatrices par respect pour les populations touchées.
Dans le cas qui nous occupe, puisqu’on ne s’attend pas à des conséquences catastrophiques avec la tempête Dolly de 2026, le nom devrait pouvoir être réutilisé dans six ans, soit en 2032.
Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.