Cette région du pays accumule les tornades à grande vitesse

L’Alberta n’a pas perdu de temps pour lancer sa saison des tornades. Nous sommes à peine à la mi-mai, et ils ont déjà dépassé la moitié de leur nombre moyen de tornades pour une année. Explications.


En bref :

  • 7 trombes terrestres ont été confirmées en Alberta, toutes le 17 ou le 18 mai;

  • La province observe en moyenne 11,2 tornades par année;

  • Deux tornades ont possiblement frappé au Québec le week-end dernier.

Un départ sur les chapeaux de roues

En moins de 48 heures, 7 trombes terrestres, aussi appelées landspouts, ont été confirmées dans le sud de l’Alberta. Tous ces tourbillons ont reçu une cote préliminaire de EF-0, soit le plus faible échelon de l’échelle de Fujita améliorée, en raison de l’absence de dommages signalés.

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Sept tornades en 24 heures

Selon les vérifications du Northern Tornadoes Project, les trombes terrestres se sont formées près de Crestomere, Didsbury et Olds le 17 mai, puis près de Olds, Garfield, Gull Lake et Blackfalds le 18 mai. Une autre observation faisait toujours l’objet d’une enquête au moment du bilan initial. Aucun dommage n’a été rapporté avec ces événements, ce qui explique leur cote provisoire EF-0. Ce sont tout de même les 7 premières tornades de l’année en Alberta, et une entrée en matière plutôt énergique pour 2026.

Loin d’être inoffensive

Les trombes terrestres ne sont généralement pas les tornades les plus destructrices, mais elles ne sont pas à prendre à la légère pour autant. Environnement et Changement climatique Canada rappelle que ces tornades peuvent tout de même être assez fortes pour renverser des arbres, endommager des toitures ou projeter des débris sur de courtes distances. Même quand elles restent faibles, elles peuvent donc représenter un vrai danger si l’on se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment. Un objet qui est projeté à 100 km/h, même petit et léger, peut causer de sérieuses blessures.

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C’est quoi, une trombe terrestre?

Contrairement aux tornades classiques associées à des orages supercellulaires très organisés, les trombes terrestres se forment souvent dans des environnements plus modestes, à partir d’une rotation faible près du sol sous un nuage en développement. Elles peuvent donc surprendre plus que des tornades associées à des orages violents. On voit parfois d’abord apparaître un entonnoir nuageux, sans contact avec le sol. Mais si cette rotation réussit à s’étirer jusqu’à la surface, le phénomène devient alors une véritable tornade. En clair : parfois, ça commence comme un simple avertissement visuel, puis ça décide de passer à l’action.

Le suspense au Québec

Pendant que l’Alberta alignait les confirmations, le Québec a lui aussi connu un week-end agité, avec deux tornades possibles qui ont retenu l’attention, soit une quelque part entre Matagami et Joutel, et une seconde dans le secteur Jonquière de Saguenay. Ce genre de bilan montre bien que la saison des orages violents commence à s’activer dans plusieurs coins du pays. Et c’est précisément là que le Northern Tornadoes Project joue un rôle clé.

Le travail de détective du Northern Tornadoes Project

Fondé en 2017 à l’Université Western à London en Ontario, le Northern Tornadoes Project a pour mission de mieux détecter les tornades au Canada, d’améliorer la compréhension des phénomènes météo violents et de documenter plus précisément ce qui se passe réellement sur le terrain. Le projet s’appuie notamment sur des enquêtes au sol, des drones, des images aériennes et satellites, ainsi que sur les signalements du public.

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Sa mission est importante, car pendant longtemps, plusieurs tornades canadiennes sont probablement passées sous le radar, surtout dans les secteurs peu habités ou boisés. En gros, le Canada avait des tornades, mais pas toujours les reçus. Le projet a d’ailleurs déjà confirmé la première tornade canadienne de 2026, une EF-0 survenue près de Granton, en Ontario, le 9 mai, dans le cadre du même épisode orageux qui a aussi produit une microrafale près de Lucan.

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Ça ne fait que commencer

Le risque est loin d’être derrière nous. Rappelons que le Québec observe en moyenne près de 11 tornades par année. La Saskatchewan mène le pays avec près de 15 tornades confirmées selon la moyenne annuelle. Bref, la saison commence fort dans les Prairies. Et même si plusieurs de ces tornades restent faibles, elles rappellent une chose très canadienne : chez nous aussi, le ciel sait parfois se montrer un peu trop enthousiaste.

Avec la collaboration de Lucil Le Liboux, météorologue.

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