Élément absent sur le Québec : la situation est inquiétante
Le Québec fait face à un été particulièrement sec. C'est excellent pour les amateurs de plein air, mais moins pour les agriculteurs. Et on ne voit pas de répit à l'horizon, du moins à court terme.
Situation alarmante
Alors que l’été astronomique tire peu à peu à sa fin, le Québec, tout comme de nombreuses régions de l'est du pays, fait face à une sécheresse marquée. Selon l'Outil de surveillance des sécheresses au Canada, la sécheresse a tendance à s’améliorer dans l’ouest du pays, mais dans la partie est, les conditions sèches s’amplifient. Plusieurs régions de l’Ontario et du Québec ont reçu des précipitations nettement inférieures à la normale, aggravant la situation hydrique déjà préoccupante de l’ensemble de la zone.

Déficit important
Au cours du mois d'août, Sherbrooke notamment, a reçu 86 % moins de pluie que la moyenne pour le mois. À Rimouski, ce fut 69 % de moins que la normale des dernières années. Sept-Îles et Val-d'Or ont reçu moins de la moitié des précipitations moyennes pour un mois d'août. Début septembre, certains experts estimaient qu’environ 9 % du territoire québécois était en sécheresse modérée, tandis qu’autour de 33 % affichait des conditions anormalement sèches. Cela représente plus de 146 000 km² en sécheresse et plus de 509 000 km² dans une situation de sécheresse légère à modérée.

Des récoltes plus maigres
Pour les agriculteurs du sud de la province, la situation devient critique. Un été exceptionnellement chaud et sec freine sérieusement la croissance des cultures. Dans les régions de Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, certaines parcelles de maïs ont accusé un retard de croissance d’au moins 30 % comparativement à la moyenne des cinq dernières années. Le rendement de certains produits comme les oignons, les laitues et les courges ont été sérieusement compromis. Plusieurs producteurs indiquent qu’ils n’ont jamais constaté un déficit d’eau aussi marqué.

Pas mieux ailleurs
L’Ontario suit un scénario similaire. Le sud de la province a souffert d’un été particulièrement sec, marqué par des déficits de pluie parfois alarmants. Et la sécheresse ne s’arrête pas aux frontières : dans le nord-est des États-Unis, les conditions deviennent préoccupantes. Les autorités de l’État de New York viennent d’ajouter pas moins de 30 comtés à leur liste de surveillance en raison d’un été trop chaud et trop sec, portant à 50 le nombre de comtés concernés. Le manque de pluie a entraîné une chute marquée des niveaux des nappes phréatiques ainsi que des réservoirs, incitant responsables et citoyens à adopter des gestes simples de conservation de l’eau.

Rien sur les radars
Et on ne prévoit pas de répit au cours des prochains jours. Aucun système de pluie organisé n'est sur les radars, particulièrement dans le sud du Québec. On ne devrait donc pas voir de précipitations appréciables d'ici l'équinoxe de l'automne, soit le 22 septembre cette année. On pourrait bien voir quelques averses dispersées ici et là, mais rien qui pourrait vraiment rectifier la situation des sols secs. Du beau temps donc, qui nous rappelle que l'eau est une ressource très précieuse.
Avec la collaboration de Bertin Ossonon, météorologue.
