El Niño va donner le ton à la saison des ouragans
La saison des ouragans 2026 pourrait être légèrement plus tranquille que la normale dans le bassin atlantique, selon la prévision de l’Université d’État du Colorado (CSU) publiée jeudi, principalement en raison de l’influence du phénomène El Niño.
En bref :
Activité cyclonique 2026 prévue légèrement sous les normales dans l'Atlantique;
Formation anticipée de 13 tempêtes nommées, dont six ouragans et deux majeurs;
Retour attendu d'El Niño agissant comme principal frein au développement tropical.
Des chiffres sous les moyennes
Les experts de la CSU anticipent la formation de 13 tempêtes nommées pour la saison 2026. De ce nombre, six pourraient devenir des ouragans et deux atteindre le statut d'ouragan majeur, soit de catégorie 3 ou plus sur l'échelle de Saffir-Simpson.
Ces estimations se situent juste en dessous des moyennes à long terme, qui s'établissent respectivement à 14, 7 et 3. Globalement, l'activité cyclonique prévue équivaut à environ 75 % d'une saison moyenne.

« En comparaison, la saison des ouragans 2025 se situait à environ 105 % d’une saison normale, indique le communiqué de la CSU. Le plus important ouragan de 2025 dans le bassin atlantique a été l’ouragan Melissa, qui a touché terre en tant qu’ouragan de catégorie 5 en Jamaïque, causant près de 9 milliards de dollars américains en dommages, et a fait 95 morts dans les Caraïbes. »
Toutefois, cette première prévision, émise bien avant le début officiel de la saison, comporte des limites, avertissent les chercheurs.
« Bien que la moyenne de nos saisons analogues [NDLR : c’est-à-dire comparables à celle qui s’en vient] soit légèrement inférieure à la normale, il existe une large divergence de scénarios entre toutes ces années analogues, ce qui souligne les niveaux élevés d'incertitude qui sont généralement associés à notre prévision de début avril », précise Phil Klotzbach, chercheur au sein du département des sciences atmosphériques de la CSU et auteur principal du rapport.
L'influence d'El Niño
Le principal facteur derrière cette baisse d'activité est le retour attendu d'El Niño. Le phénomène La Niña est officiellement terminé et nous nous trouvons actuellement dans un contexte neutre, qui devrait perdurer au printemps. La transition vers El Niño devrait s'effectuer assez rapidement, vers le milieu ou la fin de l'été.
Il y a environ 50 % de chances de voir un fort El Niño d'ici la fin de l'année, et même 25 % de chances d'assister à un « super El Niño », c’est-à-dire une anomalie chaude des eaux du Pacifique équatorial de 2 °C ou plus.

Ce réchauffement des eaux du Pacifique a généralement un effet atténuant sur le bassin atlantique. Il y génère un plus fort cisaillement des vents en altitude, apporte une plus grande stabilité atmosphérique et produit de forts alizés. Ces éléments limitent le développement tropical ou ont tendance à maintenir les tempêtes plus loin au large.

On anticipe des anomalies de précipitations sous les normales de juillet à septembre dans la zone de développement principale des ouragans en Atlantique et dans la mer des Caraïbes.
À l'inverse, en raison d'une eau plus chaude et d'un faible cisaillement, le Pacifique devrait connaître une saison plus active.

Malgré une prévision à la baisse pour l'Atlantique, la prudence est de mise pour les secteurs côtiers. « Il suffit d'une seule tempête près de chez vous pour en faire une saison active pour vous », rappelle le chercheur Michael Bell.
Avec la collaboration de Nicolas Lessard, météorologue.