Un allié insoupçonné dans la lutte aux changements climatiques

Des scientifiques suisses ont réalisé une étude qui conclut que les castors peuvent naturellement transformer un simple petit cours d’eau en un puits de carbone très efficace. Ainsi cette réorganisation de leurs habitats absorberait plus de carbone qu’il n’en émet.


Transformer l’écosystème

Ces petits mammifères sont des bâtisseurs naturels. Ils créent des milieux humides qui transforment les écosystèmes. Ces milieux sont reconnus comme des éléments essentiels pour la santé de notre planète. Les milieux humides sont depuis longtemps sur la liste de ce qui doit être restauré et conservé. L'étude a été menée sur un tronçon de 800 mètres d'un ruisseau en Suisse, où des mesures ont été effectuées sur une période d'un an. Les chercheurs ont établi la quantité annuelle de carbone dissous à l’intérieur de ce ruisseau modifié par des castors. Ils ont aussi mesuré la quantité de carbone emprisonné dans les sédiments. Finalement, ils ont analysé l'hydrologie et la bathymétrie du site pour mieux comprendre comment ce nouvel écosystème absorbe les émissions de carbone.

Un allié insoupçonné dans la lutte aux changements climatiques

Milieux humides plus efficace

Avant que le ruisseau ait été transformé en milieux humides par les castors, celui-ci agissait davantage comme une plaine inondable, avec de nombreux arbres. Suite à l’introduction des castors, de nombreux arbres ont été abattus afin de construire leurs barrages. Ce faisant, la canopée a été modifiée, favorisant le retour de petites plantes. Pendant leur croissance, les végétaux sont de bien meilleurs puits de carbone que lorsqu’ils sont adultes. Les animaux qui consomment les plantes sont aussi des puits de carbone.

Séquestration du carbone

Cependant, lorsque les animaux et les plantes meurent, le carbone est relâché dans l’atmosphère lors de leur décomposition. Puisque les milieux humides sont gorgés d’eau, ils sont pauvres en oxygène. La décomposition est beaucoup plus lente et très souvent incomplète. Le carbone est alors coincé dans cet écosystème pendant des centaines, voire des milliers d’années. C’est pour cette raison que les milieux humides sont réputés comme de très efficaces puits de carbone, car celui-ci n’est pas relâché dans l’atmosphère. Lorsque les milieux humides sont détruits, le processus de décomposition reprend et le CO2 est à nouveau relâché.

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Une aide non-négligeable

Les résultats de l’étude ont démontré que le milieu humide créé par les castor sur le tronçon de rivière étudié était un puits net qui séquestrait entre 108 et 146 tonnes de carbone par an. Cette quantité de carbone est équivalente à une économie de pétrole consommée d’entre 832 et 1 129 barils. L'équipe a estimé qu'à travers les plaines inondables adaptées par la recolonisation des castors en Suisse, les zones humides pourraient compenser entre 1,2 % et 1,8 % des émissions annuelles de carbone de la Suisse. Cela peut sembler négligeable, mais ce chiffre est dix fois supérieur à la quantité séquestrée dans des ruisseaux qui n’ont pas été modifiés par les castors.

Un allié insoupçonné dans la lutte aux changements climatiques

Redonner sa place aux castors

Parce que les castors ont longtemps été considérés comme une nuisance à cause des barrages qu’ils construisaient, ils ont été chassés sans relâche, amenant même l’espèce au bord de l’extinction en Europe et dans plusieurs régions de l’Amérique. Si nous laissons leur population se rétablir, ils seront d'excellents soldats dans la lutte contre les changements climatiques. Ce qui ne peut qu'être bénéfique pour notre planète.


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