
Projet salvateur : planter deux milliards d'arbres
En 2021 le gouvernement Trudeau avait promis de planter deux milliards d’arbres durant une période de 10 ans afin de contrebalancer la quantité de carbone que le Canada relâche dans l’atmosphère. Mais puisque le paysage politique canadien a changé, ce plan s’est retrouvé à la poubelle. Cependant, une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’université de Waterloo en Ontario remet de l’avant l'utilisation des arbres comme solution à nos émissions de carbone.
Une coexistence profitable
Durant leur croissance, les arbres utilisent le CO2 comme nourriture. Ce mécanisme est aussi bénéfique pour l’humanité, car lorsque les arbres consomment le CO2, ils gardent pour eux le carbone et relâchent l’oxygène dont ils n’ont pas besoin. Celui-ci est essentiel pour notre survie. Depuis toujours, ce processus satisfait toutes les parties. Il faut cependant souligner que lorsqu’un arbre tombe dans la forêt et se décompose, il relâche alors tout le carbone accumulé durant sa vie. Ce processus naturel se fait graduellement au fil des années de sa décomposition. Mais quand un incendie ravage une forêt, tous les arbres relâchent leur carbone simultanément en quelques heures renvoyant dans l’atmosphère des millions de tonnes de ce gaz à effet de serre. Celui-ci contribue au réchauffement de la planète et augmente le risque de feux de forêt. Cela devient un cercle vicieux.

Déterminer les régions propice au reboisement
L’étude de l’Université de Waterloo a utilisé des données recueillies par satellites pour analyser la composition de notre couvert forestier. Ils ont ensuite utilisé les modèles de l’industrie forestière pour déterminer les risques d’incendies, la variabilité du climat et son impact sur nos forêts, et le pourcentage de perte des semences par rapport au type de sol afin d’estimer la quantité de carbone que l’écosystème pourrait séquestrer. Ils ont ainsi pu déterminer qu’avec les changements climatiques, la limite de nos forêts boréales s'était déplacée vers le nord et commençait maintenant à peupler la taïga.
Séquestrer 5 fois les émissions canadiennes
L’étude conclut qu’environ 6,4 millions d’hectares à la limite nord de la forêt boréale canadienne seraient déjà adaptés au reboisement. C’est presque la superficie du Nouveau-Brunswick. Cette opération aurait le potentiel de séquestrer 3,9 milliards de tonnes de CO2 d’ici la fin du siècle. C’est l’équivalent de cinq fois les émissions annuelles canadiennes. Selon les chercheurs, si on étend cette opération au nord de l’Europe et de la Russie, 32 millions d’hectares pourraient être reboisés, propulsant la capacité de séquestrer le carbone dans ces régions à 20 milliards de tonnes. Il y aurait un avantage non négligeable à planter des arbres dans les zones nordiques. Ils stabiliseraient le pergélisol qui fond rapidement et qui contient une grande quantité de méthane, ajoutent les chercheurs.

Une opinion différente
Même s’il est d’accord avec le principe que les arbres offrent une solution viable afin de séquestrer de grandes quantités de carbone, Ulf Büntgen, professeur à l’Université de Cambridge en Angleterre, croit en une autre méthode pour atteindre le même but. Puisque les arbres matures absorbent moins de carbone que ceux qui sont encore en croissance et qu’ils posent un risque plus grand en cas d’incendie, le professeur suggère de couper ces arbres matures et de les lester pour qu'ils coulent au fond de l’océan Arctique. Cet environnement est très froid et contient très peu d’oxygène. Ainsi, les arbres ne se décomposeraient pas pendant des milliers d’années, séquestrant dans leurs troncs la grande quantité de carbone qu’ils ont accumulé durant leur croissance.
