Apprécier les chants d’oiseaux grâce au vieux pont Champlain

« Chouette à voir » est une fenêtre sur le travail des passionnés de l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP). L’organisme à but non lucratif s’occupe de la réhabilitation d’oiseaux de proie, mais également d’éduquer le public sur ces oiseaux majestueux. Le site de St-Jude s’est doté d’une nouvelle activité : une passerelle sur laquelle les visiteurs peuvent écouter le chant des oiseaux de la région. Afin de créer cette activité immersive, les concepteurs ont utilisé des morceaux de l’ancien pont Champlain.


La réalisation de ce projet a été confiée à la compagnie Daily tous les jours. Celle-ci a déjà réalisé des créations aux quatres coins du monde, notamment aux États-Unis et au Moyen-Orient. Chez nous, elle est responsable des balançoires du Quartier des spectacles et de l’activité Chorégraphie pour des humains et des étoiles au Planétarium. Melissa Mongiat est cofondatrice de ce studio d’art et de design. « L’idée des perchoirs humains vient d’un travail effectué en collaboration avec les biologistes de l’UQROP », explique-t-elle.

La forêt sans les humains

Lors de la conception de l’activité immersive, les créateurs ont remarqué que, durant la nuit et à l’aube, on entendait de nombreux chants d’oiseaux. Cependant, une fois le jour levé, et avec le retour des humains, la forêt a tendance à redevenir silencieuse. « On a choisi de faire découvrir les espèces qui vivent ici et de sensibiliser les participants à ce qui se passe dans la nature pendant notre absence », souligne la créatrice.

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Un environnement complètement zen

La passerelle comprend dix colonnes en aluminium. Chacune possède un marchepied sur lequel on peut se hisser. Une fois sur celui-ci, une trame sonore se fait entendre. Le chant de différentes espèces jaillit des haut-parleurs sur fond de musique relaxante. La trame musicale comporte dix volets regroupés autour du thème des quatre saisons. Elle a été composée par l’artiste de renommée internationale Keiko Devaux. « Tout ça avec l’intention d’inviter les participants à écouter la forêt autrement. L’idée est de se percher pour inviter à la pause, à l’écoute et à la connexion avec la nature », rappelle Melissa Mongiat.

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Une structure qui se marie à l’environnement

La passerelle a été conçue avec un souci d'écoresponsabilité. La structure portante de celle-ci est constituée de pièces recyclées à même l’ancien pont Champlain. Le bois qui recouvre la passerelle a été choisi pour sa durabilité et sa résistance aux intempéries. Les perchoirs sont faits avec de l'aluminium anodisé. Ils pourraient donc être facilement recyclés si un jour on décidait de démanteler la passerelle. La construction a été réalisée sans avoir à couper d’arbres, d'où sa forme sinueuse. De plus, elle enjambe un fossé naturel, ce qui permet à la faune de circuler librement sous la structure sans modifier les habitudes des espèces vivant dans cette forêt.

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Pas LEED mais ultra vert

Le centre d’interprétation de l’UQROP s’est aussi doté d’un édifice qui a été construit en mettant de l’avant des technologies destinées à le rendre le plus écoresponsable possible. L’armature a été recouverte d’une coquille isolante très performante afin de réduire au maximum les coûts de chauffage et de climatisation. Selon Sylvie Plourde, chargée de projet et consultante pour l’UQROP : « l’isolation est équivalente à trois fois la norme québécoise, nous permettant de couper la facture d’électricité de moitié, ce qui est très intéressant pour un organisme à but non lucratif ». Les concepteurs n’ont pas fait la demande de certification LEED pour l'édifice puisqu’il en coûte 100 000 $ uniquement pour l’évaluation du dossier. Un coût inaccessible pour un OBNL.

Plusieurs autres facettes de la construction augmentent l'efficacité énergétique de la bâtisse. Les conduits d’air vicié qui expulsent celui-ci vers l’extérieur côtoient ceux qui laissent entrer l’air frais. Ainsi, l’air rejeté vers l’extérieur réchauffe l’air qui entre, apportant une économie d’énergie supplémentaire. L’éclairage au DEL et le chauffage sont programmés pour maximiser les économies. Plusieurs bassins de rétention ont également été créés sur le site du centre d’interprétation afin d’éviter que l’eau ne pose un problème lors de fortes pluies.