À l’université de Montréal, le vélo est devenu un incontournable.

Dans un monde où la mobilité durable a de plus en plus la cote, l’Université de Montréal (UdM) fait figure de leader en la matière. Les demandes de la population de l’institution pour des infrastructures dédiées aux cyclistes et aux voitures électriques a amené la direction de l’université à prendre un virage vert en matière de mobilité. En 2023 l’organisme à but non lucratif CGD ( centres de gestion des déplacements) a décerné à l’UdM son prix des leaders en mobilité durable.

Depuis déjà quelques années, la Fédération des associations étudiantes du campus de l’université de Montréal (FAÉCUM) demande plus d'infrastructures destinées aux cyclistes. Stéphane Béranger est coordonateur au développement durable à l’UdM. Il souligne que le campus de l’université a été construit dans les années 50 et 60 autour de la voiture. C’est un avantage, car les routes qui le sillonnent sont assez larges qu’il y a assez de la place pour y mettre des pistes cyclables et installer des installations sécuritaires pour les vélos. «On récupère tous les recoins sur le campus pour installer des abris pour les vélos».

En ce moment il y a sur tous les campus de l’UdM 2500 places disponibles pour y garer sa bicyclette. C’est donc, sur une population universitaire de 55 000 individus, 8 à 9% de ceux-ci qui se déplacent à vélo. Pour répondre à cette demande, l’université a mis les bouchées doubles. Plus de 90 emplacements avec des supports à vélos ont été aménagés. Plusieurs d’entre eux sont des enclos où les vélos sont à l'abri des intempéries et sécurisés grâce à une porte barrée à clé. Si quelqu’un veut profiter de ceux-ci, il n’a qu'à en faire la demande et moyennant un dépôt de $20 on lui remet une clé. Lorsque cette personne n’a plus besoin de ces installations, elle n’a qu'à retourner la clé pour recevoir le remboursement complet de son dépôt. De plus, ces abris bénéficient de surveillance vidéo 24 heures sur 24.

L’université ne s’est pas limitée à l'installation d’abris et de supports à vélo. Une douzaine de bornes de réparation sont aussi à la disposition des cyclistes. Celles-ci permettent d’y accrocher son vélo et d'utiliser une panoplie d’outils afin de procéder à une réparation. Tous les types de tournevis et de pinces nécessaires aux cyclistes sont disponibles. On y retrouve même une pompe à vélo muni d’un manomètre. Ces bornes sont très utiles pour effectuer un ajustement ou pour réparer une crevaison. Puisque le campus est situé sur un terrain pentu, 5 rampes pour vélos ont été ajoutées là où les cyclistes devaient transporter leurs montures dans les escaliers afin de rejoindre leurs destinations. «On peut maintenant utiliser ces rampes pour monter son vélo en le guidant sur la rampe pendant que l’utilisateur monte les escaliers adjacents» explique M Béranger.

L’été ne sera pas de tout repos pour l’équipe de M.Béranger. «Dans les stationnements souterrain, on veut doubler le nombre de places de stationnement pour vélos avant la rentrée 2026. Plusieurs mécanismes permettant de superposer les vélos dans les aires de stationnement seront installés». « L’arrondissement exige que chaque fois que nous voulons mettre en place de nouveaux espaces pour les vélos, nous devons utiliser des espaces qui étaient destinés aux voitures. On a donc un plan qui devrait réduire le parc automobile de notre population universitaire de 10 à 12 % d’ici 20 ans » explique le coordinateur au développement durable de l’UdM. Il croit que cette cohabitation est tout à fait possible sans pénaliser les automobilistes,

« Nous participons régulièrement aux congrès de Vélo Québec afin de découvrir de nouveaux outils qui nous permettront d'améliorer encore plus l’expérience vélo de notre population universitaire. Nous évaluons présentement la possibilité d’installer des bornes de recharges pour les vélos à assistance électrique » ajoute M Béranger. Le campus de l’UdM et les alentours hébergent aussi 7 stations de bixi qui, selon M. Béranger, sont extrêmement populaires.