
Un tueur invisible se cache en Arctique
Chaque année le radon fait 3000 victimes au Canada seulement. Malheureusement, ce nombre pourrait augmenter à cause des changements climatiques qui mettent maintenant à risque d’exposition au radon les communautés qui peuplent l’Arctique.
Un gaz radioactif
Le radon est un gaz radioactif qui est issu de la désintégration de l’uranium et du radium contenu dans la croûte terrestre. Il est le second responsable des cas de cancer du poumons après le tabagisme. Invisible, inodore et sans goût, il nécessite un équipement spécialisé afin de le détecter. C’est l’un des gaz les plus dense dans des conditions de température et de pression normales. Il est presque huit fois plus dense que l’air que nous respirons.
La grande fonte
Dans les régions couvertes par le pergélisol, celui-ci fait office de bouclier qui garde emprisonné dans le sol le radon et les autres gaz à effet de serre comme le CO2 et le méthane. En soit c’est une bonne nouvelle, sauf que la présence du pergélisol favorise aussi l’accumulation de radon sous sa surface. Celui-ci est dix fois plus concentré que s’il pouvait s’échapper librement. Si le pergélisol était stable ceci ne constituerait pas un problème. Mais voilà qu’avec les changements climatiques et le réchauffement rapide de l’Arctique, le pergélisol est voué à disparaître et avec lui la protection qu’il offre contre le radon.

Un tueur
Selon une étude parue sur le site d’AGU, une association de scientifiques internationale à but non lucratif, les chercheurs ont évalué que 42% du pergélisol aura disparu d’ici 2050. Une importante quantité de radon sera alors dispersée dans l’atmosphère. Ce gaz est potentiellement mortel lorsqu’il s’accumule dans les maisons et les édifices. Les auteurs de l’étude ont utilisé un modèle pour évaluer le comportement du gaz lorsque le pergélisol fondera. Grâce au modèle, ils ont pu démontrer que le gaz ne mettrait pas à risque les résidents d’une maison sur pilotis car les vents et la circulation de l’air le dissipera. Mais dans le cas d’une maison qui possède un sous-sol, le modèle estime que l’accumulation de radon sera 100 fois plus élevée que dans la nature. Le risque de voir des gens développer un cancer serait alors très élevé.

Facteur aggravant
Pour les fumeurs, les résultats de l’étude sont encore plus alarmants. En effet, les amateurs de tabagisme ont 26 fois plus de chance de développer un cancer du poumon en étant en contact avec le radon. Les régions arctique et subarctique comptent 4 fois plus de fumeurs per capita que les peuples vivant plus au sud. La fonte du pergélisol va exposer des millions de personnes à un gaz directement lié au cancer du poumon. Il y a donc une urgence à revoir les codes du bâtiment de ces régions afin d’assurer un suivi de la concentration de ce gaz dans les résidences et à installer des systèmes de ventilation efficaces pour en limiter la concentration.

