Comment les changements climatiques menacent-ils le fromage?
Vous adorez manger du fromage? Et s’il venait à disparaître petit à petit de votre assiette, saviez-vous que la météo pourrait être pointée du doigt comme une des responsables? Selon des recherches, les changements climatiques auraient effectivement des répercussions sur la production fromagère. L’Italie et son traditionnel parmesan en sont notamment des « victimes ». Explications.
En bref :
La hausse des températures, les canicules et les périodes de sécheresse compromettent la qualité de la production fromagère;
Les vaches laitières produisent moins de lait lorsqu’elles vivent un stress thermique;
Les zones de pâturage des vaches peuvent être asséchées ou réduites;
De récentes chaleurs records en Europe nuisent notamment à la production de parmesan.
Du fromage? Oui, s’il vous plaît!
Que ce soit pour garnir une pizza ou des pâtes, pour être mangé à l’apéro ou encore au dessert, le fromage est un incontournable des assiettes, et ce aux quatre coins du monde! Parmi les préférés des papilles gustatives, notons le cheddar, la feta, le gouda, la mozzarella et le parmesan. Bref, la réputation de ce produit laitier parle d’elle-même! Afin de satisfaire le plus grand nombre d’amateurs de fromage, il existe même un substitut de fromage végétalien, communément appelé le fauxmage.

Notre estomac peut donc être un peu préoccupé d’apprendre que oui, le fromage est menacé par les changements climatiques. Selon des recherches (notamment menées par l'INRAE), la hausse des températures, les canicules et les périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes compromettent la qualité future de la production fromagère. Comment? C’est assez simple : les vagues de chaleur sont éprouvantes autant pour les humains que pour les animaux. Par exemple, les vaches laitières produisent moins de lait lorsqu’elles vivent un stress thermique.
Peu de repos pour les vaches qui ont chaud
Concrètement, les grandes chaleurs en viennent à rendre les vaches (ainsi que les brebis et les chèvres - ne négligeons pas la feta!) plus rapidement fatiguées. Lorsque la température devient trop élevée dans l’étable, ça peut leur couper l’appétit. Elles peuvent alors rester couchées plus longuement et ruminer moins. La vache rumine pour digérer l’herbe et le foin qu’elle ingère. Règle générale, ce mammifère herbivore peut passer de 7 à 10 h par jour à mâcher et remâcher ses aliments.

Outre la chaleur, la sécheresse peut nuire à la production du fromage. Les zones de pâturage des vaches peuvent être asséchées ou réduites et ainsi devenir moins riches en nutriments. En prime, la chaleur peut favoriser le développement de mauvaises bactéries dans le lait. Le goût des fromages peut en être grandement modifié.
Une production mondiale en péril
Le Canada figure parmi les principaux pays producteurs de fromage. Néanmoins, il se fait dépasser par les États-Unis et de nombreuses destinations européennes comme l’Allemagne, la France et l’Italie. Le mois de juin 2026 a été historique en Europe de l’Ouest. Il s’agit du mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans cette région du globe terrestre! Les chaleurs extrêmes et les périodes de sécheresse ont alimenté les feux de forêt.

D’ailleurs, en raison de récentes chaleurs records en Italie, le parmesan est menacé. La production du véritable Parmigiano Reggiano est autorisée seulement dans cinq provinces italiennes. La fréquence et la durée des épisodes de chaleur extrême, conséquences directes des changements climatiques, donnent beaucoup de fil à retordre aux fromagers italiens. Afin de s'assurer de maintenir une température suffisamment basse dans leurs entrepôts, plusieurs voient désormais leur consommation d'électricité augmenter drastiquement. Cette mesure est nécessaire à l'affinage des meules de fromage.
Nul ne sait ce que le futur réserve au fromage, même en regardant dans une boule de cristal. Cependant, avec cette tendance aux étés caniculaires, certains éleveurs veulent mettre toutes les chances de leur côté en misant sur une meilleure isolation de leurs bâtiments, au plus grand bonheur de leurs vaches… et de notre estomac!
Selon un article publié par The Weather Network .
