Malgré les pluies plus abondantes, la surface terrestre est plus aride

Des précipitations accrues, mais une planète de plus en plus aride? C’est le constat effectué par une équipe de chercheurs, dont Corey Lesk du Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

En bref :

  • Les précipitations violentes et abondantes accentuent l’aridité des sols;

  • L’eau s’évapore plutôt que d’être retenue par la surface terrestre;

  • Les ressources mondiales d’eau pourraient être fragilisées.

Espagne sécheresse

Plus de tempêtes et de sécheresse

Publiés dans la revue Nature, les résultats de l’étude peuvent surprendre. Après avoir analysé les données mondiales sur les précipitations de 1980 à 2022, les chercheurs ont constaté qu’au-delà de la quantité de pluie tombée, la manière dont elle est répartie a une incidence majeure sur l’environnement.

Ainsi, les précipitations de plus en plus fréquentes qui surviennent sous forme d’épisodes intenses, en alternance avec de plus longues périodes de sécheresse, pourraient avoir un effet dévastateur pour la planète. Les sols ne pouvant retenir l’humidité quand la quantité de pluie est trop concentrée, l’eau s’évapore. Conséquence : la surface terrestre est plus aride.

Un lien direct avec les changements climatiques

Cette étude serait la première à démontrer que ce changement de régime pluviométrique se traduit par une diminution des ressources en eau pour les aquifères et les écosystèmes, même si le volume total des précipitation augmente.

Si la planète se réchauffe d'environ 2ºC, la concentration des précipitations pourrait entraîner une évolution du climat vers des conditions anormalement sèches et toucher 27 % de la population mondiale selon les auteurs, peu importe les variations du total des précipitations reçues. Les ressources mondiales d'eau pourraient en être fragilisées.

L’étude a été menée par Corey Lesk, alors boursier Newkom au sein du Climate Modeling and Impacts Group de Dartmouth, au New Hampshire, et par son professeur de l’époque, Justin S. Mankin.

Selon Corey Lesk, « il est désormais nécessaire d’intégrer non seulement la quantité, mais aussi la distribution temporelle des précipitations à nos calculs ».

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(Sources : Nature et l’UQAM)