
Des microbes ressuscités font grimper les émissions de CO2
Une équipe de chercheurs américains vient de faire une découverte alarmante. Des microbes contenus dans le permafrost depuis des milliers d’années peuvent revenir à la vie et grandement contribuer aux émissions de CO2. On craint déjà depuis plusieurs décennies que la fonte du pergélisol va relâcher dans l’atmosphère le CO2 et le méthane qui y est emprisonné. Mais on était loin de se douter que les microbes contenus dans le sol gelé produiraient eux aussi du CO2 une fois ressuscités.
Tunnel de 100 mètres
Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont prélevé des échantillons de pergélisol en Alaska, près de Fairbanks. Ceux-ci proviennent d’un tunnel de plus de 100 m de long creusé à même le pergélisol et utilisé pour diverses expériences. Ce tunnel se trouve à une profondeur de 15 m. Les échantillons ont d’abord été submergés dans un liquide contenant une grande quantité d’atome d’hydrogène, puis ils ont été conservés dans des chambres froides à des températures différentes. La première affichait une température de -4 °C, la seconde était à 4 °C et la dernière à 12 °C. Ainsi les chercheurs pouvaient analyser le retour à la vie des ces microbes selon plusieurs scénarios de fonte de leur environnement.

Les microbes se réveillent
Selon l’étude publiée en septembre 2025, les microbes ne se réactivent pas dès les premiers jours après la fonte du pergélisol. Un mois s’est écoulé et les scientifiques notent qu’une infime quantité de microbes se sont réveillés. Cependant, 6 mois après la fonte des échantillons, les chercheurs remarquent des changements importants dans le niveau d’activité et la structure des microbes. Ils sont maintenant comparables à ceux qui n’ont pas séjourné dans le pergélisol. Ils survivent grâce à la matière organique qui les entoure et qu’ils transforment en CO2 et en méthane.
Les scientifiques inquiets
À cause des changements climatiques, l'Arctique se réchauffe plus que toutes les autres régions du globe. Avec des saisons estivales plus chaudes et plus longues, le pergélisol se réchauffe en profondeur. Les chercheurs craignent que ces microbes se réveillent et recommencent à émettre du CO2, augmentant ainsi l’intensité et la rapidité du réchauffement de l’Arctique. Les scientifiques rappellent qu’ils n’ont examiné qu’une petite portion du pergélisol de la planète et qu’il se peut que les microbes d'autres régions ne réagissent pas de la même manière.
Des tonnes de CO2
Le pergélisol qui s'étend sur plus de 20 millions de km 2 dans l'hémisphère nord, renferme 1700 milliards de tonnes de CO2 et de méthane. C’est le double de la quantité de ces gaz dans l’atmosphère. Ces gaz sont présents dans le sol en raison de la décomposition des matières organiques. Depuis que les experts ont prédit la fonte des pôles, on craint que ces milliards de tonnes de GES se retrouvent dans l’atmosphère. Si cela devait se produire on ne peut qu’imaginer l’accélération des changements climatiques qui frapperaient la planète.

Plus de végétaux
Il est cependant important de souligner que le dégel de l’Arctique favorisera la croissance du couvert végétal. Celui-ci constituerait alors un puits de carbone qui pourrait compenser en partie pour les émissions de gaz à effet de serre causées par le dégel du pergélisol. Malheureusement, la communauté scientifique ne peut se prononcer sur cette hypothèse. On ne sait pas jusqu'à quel point ces deux processus s’annuleront.

