
La reine de l’Atlantique Nord : L’odyssée du Bluenose, de la gloire à la légende
Suivez Nathan Coleman dans son périple à travers la province de la Nouvelle-Écosse.
Véritable emblème de la Nouvelle-Écosse et du Canada, le Bluenose était la goélette de pêche la plus rapide du monde. Elle est inaugurée en 1921, à l’époque où les chantiers navals construisaient des goélettes qui passaient des semaines en mer à pêcher du poisson qu’elles transportaient ensuite vers l’Europe et les Antilles. Pour ces bateaux, la capacité primait sur la vitesse. Ce n’était toutefois pas le cas de cette goélette provenant de Lunenburg, qui était conçue pour livrer sa marchandise le plus rapidement possible sur le marché du poisson concurrentiel et lucratif.
L’architecte naval William Roué s’associe au capitaine Angus Walters pour concevoir la goélette, dont la construction débute ensuite au chantier naval Smith and Rhuland, situé à Lunenburg. Mais il lui fallait encore un nom. Certains racontent que le terme « Bluenose » fait référence aux pommes de terre bleues cultivées dans les Maritimes, tandis que d’autres affirment qu’il s’agit d’une expression familière désignant une personne née en Nouvelle-Écosse.

Crédit photo : MétéoMédia. L’animateur Nathan Coleman (à gauche) se renseigne sur le Bluenose II avec le capitaine Phil Watson (à droite)
La goélette est construite avec du bois provenant de Nouvelle-Écosse, notamment du chêne, du bouleau, de l’épinette et du pin, sauf pour les mâts faits de pin de l’Oregon. Lorsque le navire de pêche, alors âgé de sept mois, prend la mer pour sa première course le 16 octobre 1921, il devance tous les autres navires de 16 minutes et demie. Il domine ensuite la compétition sur la scène internationale, participant pour la première fois à l’International Fishermen’s Race, où, la même année, il bat le voilier américain Elsie par 13 minutes et des poussières. Le Bluenose enchaîne les victoires, tel un équivalent marin des Yankees de New York des années 1950. Sa dernière participation à l’International Fishermen’s Race a lieu en 1938, lorsqu’il remporte le trophée face à la goélette Thebaud.
Puis, le Bluenose arrête de concourir et est amarré à Lunenburg. Le capitaine Angus Walters veut le conserver en Nouvelle-Écosse, mais l’intérêt du public s’émousse et la Seconde Guerre mondiale entraîne la fermeture des voies maritimes de l’Atlantique Nord. Les années qui suivent sont difficiles. En 1942, la West Indies Trading Company achète la goélette, qui passe les quatre années suivantes à transporter du rhum et des bananes. Le 30 janvier 1946, le navire se brise sur un récif corallien et le Canada perd une légende à tout jamais. Sauf si vous avez dans votre poche une pièce de dix cents, dont le revers arbore une représentation du célèbre bateau.
Cette histoire ne se termine pas par une cargaison de bananes échouée sur un récif. Bien avant qu’Hollywood ne se mette à produire des adaptations de films classiques, le chantier naval Smith and Rhuland est chargé de construire le HMS Bounty pour le film Les Révoltés du Bounty. Cela suscite un intérêt renouvelé pour la construction d’une réplique du Bluenose à partir des dessins originaux. La brasserie Oland finance le projet; quelle meilleure façon de promouvoir la bière Schooner (goélette, en anglais)? Le Bluenose II est inauguré en 1963 et, en 1971, la famille Oland le revend à la province pour dix pièces de dix sous. Aujourd’hui, la goélette navigue depuis Lunenburg, son port d’attache. Le capitaine Phil Wilson, qui a servi pendant plus de 37 ans sur le Bluenose II, dont 23 ans en tant que capitaine, préserve cette part importante de l’histoire maritime et du patrimoine canadien.
Cet article est un publireportage de Choice Hotels.
