Montréal : quand la chaleur extrême devient une menace pour la santé

Un nouveau bilan de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dresse le portrait des impacts de la chaleur sur la santé au Québec en 2025. Selon eux, 247 décès seraient attribuables à la chaleur à Montréal pour la période estivale de 2025. Cela représente 4,2 % des décès survenus durant cette période, soit la plus grande proportion parmi les régions analysées. Il s'agit toutefois d'une estimation épidémiologique et non du nombre officiel de certificats de décès mentionnant la chaleur.

Selon l'INSPQ, une vague de chaleur extrême correspond à au moins trois jours consécutifs durant lesquels les seuils de chaleur sont atteints. À Montréal, ces seuils sont de 33 °C le jour et de 20 °C la nuit.

2025 en chiffres:

  • 17 vagues de chaleur extrême au Québec

  • 10 régions touchées

  • 2 épisodes à Montréal

  • 4 jours par épisode à Montréal

La chaleur ne se limite pas aux canicules

Le fardeau de la chaleur s'étend de mai à septembre; ainsi, les effets sur la mortalité ne sont pas uniquement liés aux périodes de chaleur extrême.

Par exemple, à Montréal, les deux vagues de chaleur de 2025 n'ont pas entraîné de hausse statistiquement significative des décès. Lors de celle d'août, le taux de mortalité était même 14 % inférieur à celui de la période de référence.

Un impact sur le système de santé

En plus des décès, le rapport met en lumière d'autres données préoccupantes pour 2025. On a remarqué une augmentation importante des hospitalisations, des visites à l'urgence et des transports ambulanciers durant 9 des 17 vagues de chaleur extrême.

À Montréal, lors de la vague de chaleur de juin 2025 :

+6 % d'hospitalisations

≈ 109 hospitalisations en excès

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La vague de chaleur de juin a été associée à un excès de 6 % des hospitalisations, ce qui représente environ 109 patients de plus que la période de référence.

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Quand le corps n'arrive plus à compenser

Pourquoi la chaleur est-elle dangereuse ? Lorsque la température grimpe, les vaisseaux sanguins se dilatent pour favoriser la circulation vers la périphérie du corps afin de dégager la chaleur. Ce processus s'accompagne de la sudation : l'évaporation de l'eau sur la peau permet d'évacuer efficacement l'énergie thermique, ce qui est un mécanisme de protection essentiel.

Le danger survient toutefois lorsque cette exposition se prolonge sur plusieurs jours.

Si l'hydratation et la protection sont insuffisantes, le corps finit par se déshydrater. Les mécanismes de régulation n'arrivent alors plus à compenser, et c'est à ce moment précis que la chaleur devient critique.

Il est important de noter que la sudation en soi n'est pas un problème ; d'ailleurs, les personnes en bonne condition physique et habituées à l'activité physique peuvent mieux tolérer la chaleur, notamment parce que leur organisme est mieux acclimaté.

L'adaptation peut faire une différence

Le rapport avance que l'adaptation ou l'acclimatation accrue de la population pourrait avoir contribué à atténuer certains impacts de la chaleur en 2025.

La climatisation est aussi de plus en plus présente au Québec : 80 % des ménages en avaient une en 2023, contre 54 % en 2013.

Bien que l'INSPQ ne mesure pas directement l'effet des interventions de santé publique, l'Institut souligne que leur efficacité pourrait jouer un rôle clé dans la réduction de la surmortalité lors des vagues de chaleur.

Cet article a été réalisé avec la collaboration de Félix Lamothe et Stéphane Perron, de l’INSPQ, et basé sur le rapport de l’INSPQ sur les impacts sanitaires de la chaleur au Québec en 2025.


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