
Les tiques progressent à Montréal
Mauvaise nouvelle. Les tiques sont là pour rester. Pendant longtemps on a associé la tique uniquement à la randonnée en forêt. Détrompez-vous! Notre ennemie à 8 pattes change de décor et s'installe partout… même en ville.
Une nouvelle réalité
Parcs, cours arrières, sentiers… Les tiques, notamment les tiques à pattes noires, gagnent du terrain dans la Belle Province. La ville de Montréal fait maintenant partie des zones surveillées de près.
Selon les plus récentes données, 161 cas de maladie de Lyme ont été déclarés à Montréal en 2025. Un sommet depuis que cette maladie figure sur la liste des maladies à déclaration obligatoire.
Mais attention : ces chiffres demandent quelques nuances.
Tous les cas ne sont pas contractés à Montréal.
La Dre Catherine Bouchard, vétérinaire épidémiologiste à l’Agence de santé publique du Canada, précise qu’une partie importante des infections recensées à Montréal ont en réalité été contractées ailleurs.
« Sur les 161 cas rapportés, environ 56 auraient été acquis dans la région montréalaise elle-même. Les autres seraient liés à des voyages ou à des séjours dans des régions davantage touchées comme l’Estrie ou la Montérégie. » - Dre Catherine Bouchard
Chose certaine, la tendance à la hausse demeure bien réelle.
En route vers le nord
Sans grande surprise, le réchauffement climatique joue un rôle majeur.
« Les zones à risque continuent et vont continuer de s’étendre » - Dre Catherine Bouchard
Les hivers plus doux permettent aux tiques de survivre plus facilement et prolongent leur période d’activité. Elles peuvent maintenant être actives de mars à décembre dès que les températures oscillent entre 4 et 10 °C.
Elles ne voyagent pas seules
Les oiseaux migrateurs ainsi que certains petits mammifères, comme la souris à pattes blanches, contribuent aussi à leur expansion vers de nouvelles régions plus au nord.
Résultat : les tiques trouvent plus facilement des hôtes et plus longtemps dans l’année.
Parc urbain ou forêt : le risque est-il le même?
Pas exactement. Les régions les plus touchées demeurent l’Estrie et la Montérégie, où la densité de tiques infectées est beaucoup plus importante.
Même en ville
Une nouvelle réalité s’impose. Les experts rappellent qu’il faut cesser de croire que les tiques vivent uniquement dans le fin fond des bois.
Même en milieu urbain, certaines zones végétalisées peuvent représenter un risque :
hautes herbes;
lisières boisées;
sentiers;
terrains fréquentés par les cervidés ou les petits mammifères.
Pas question de paniquer
Le but n’est pas d’instaurer un climat de peur ou une « tique-anxiété ».
L'arrivée du beau temps nous pousse à aller jouer dehors et profiter du plein air. C’est tellement bénéfique pour la santé qu’il ne faut pas s’en empêcher. Oh que non!
Il faut simplement adopter une routine de prévention au retour de nos escapades en forêt ou d’une session intensive de jardinage.
Les bons réflexes à adopter
porter des vêtements longs;
utiliser un insectifuge homologué contenant de l’icaridine;
rester dans les sentiers;
inspecter soigneusement son corps après une activité extérieure.
Les animaux domestiques peuvent aussi rapporter des tiques à la maison. Des traitements préventifs existent pour eux, mais ils ne sont pas homologués pour les humains. Du moins, pas pour l’instant.
Parmi les solutions émergentes, certains vêtements imprégnés de perméthrine déjà utilisés par des travailleurs forestiers et des employés de la SEPAQ peuvent aider à réduire les risques d’attachement des tiques.
Piqûre… et non morsure
Petit détail scientifique intéressant : on devrait parler de « piqûre » de tique et non de morsure.
Pourquoi? Parce que l’insecte utilise un appareil buccal comparable à un harpon pour pénétrer la peau.
C’est charmant comme image non?
Au retour d’une activité extérieure, mieux vaut prendre quelques minutes pour inspecter :
les jambes;
l’arrière des genoux;
les aisselles;
l’aine;
le cuir chevelu;
derrière les oreilles.
Si une tique est trouvée, il faut la retirer rapidement avec une pince fine ou un crochet spécialisé, puis désinfecter la zone et surveiller l’apparition de symptômes.
Malheureusement, les tiques sont là pour rester. C’est pour cette raison que plein air rime avec prévention.
Bon été!
👉 SITES DE RÉFÉRENCES
Agence de la santé publique du Canada
Comment retirer une tique de façon sécuritaire
Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
(1) Guide d’identification des tiques du Québec
(2) Carte des zones à risque au Québec
GDG Environnement
Service d’identification et d’analyse des tiques
eTick
Plateforme d’identification de tiques (disponible sur le web et via votre application mobile).
