Est-ce que notre météo est déprimante?
Avec l’arrivée des jours gris et froids, on entend souvent la fameuse phrase : « La météo me déprime. » Mais le mauvais temps a-t-il vraiment le pouvoir d’avoir un impact sur notre humeur?
Selon le psychologue Dr Perry Adler, trois éléments expliquent l’impact de la météo sur notre moral.
1. Moins de lumière, plus de fatigue
Le premier coupable de notre baisse d’énergie est bel et bien biologique. Lorsque l’automne arrive, le temps d’ensoleillement diminue. Notre cerveau régule certaines hormones en fonction de notre exposition à la lumière. La mélatonine, la neurohormone liée au sommeil, augmente, tandis que la sérotonine, une hormone fortement liée à la régulation de l’humeur, diminue, ce qui a un impact direct sur notre moral.
C’est ce qui explique la prévalence du trouble affectif saisonnier (souvent connu sous le nom de dépression saisonnière) qui, au Canada, touche environ 10 à 12 % de la population, alors que dans le sud des États-Unis, par exemple, seulement 1 % de la population est affecté.

2. L'isolement : le véritable ennemi
Le deuxième facteur relève plutôt de la psychologie et de nos choix de vie. Lorsque le temps devient froid, gris ou pluvieux, la tendance naturelle est de s'enfermer à l'intérieur.
Cette habitude entraîne souvent une grande diminution de nos contacts sociaux et de la quantité d'activité physique que nous faisons. Dans ce cas précis, ce n'est donc pas la météo directement qui affecte notre moral, mais bien le changement dans nos comportements
3. La météo, un bouc émissaire idéal
Le troisième facteur repose sur l’anticipation : les personnes qui s’attendent à se sentir plus tristes lors des jours gris finissent parfois par créer cette réalité par appréhension.
De plus, il est socialement plus acceptable de blâmer le temps gris plutôt que d’aborder de vrais problèmes personnels. La météo sert souvent de bouc émissaire pour masquer d’autres enjeux, comme un stress financier ou des difficultés personnelles.
Continuer de profiter de l'extérieur
Heureusement, pour une grande partie de la population, les effets de la météo peuvent être minimisés en conservant une routine active. Le secret : continuer de profiter de l'extérieur.
Peu importe l'activité sportive choisie, l'important est de rester actif et de maintenir sa vie sociale.

Mais quand faut-il consulter?
Ressentir une baisse d'énergie pendant quelques jours, voire jusqu'à deux semaines, est tout à fait normal puisque notre corps doit s'adapter. Toutefois, si l'humeur sombre persiste au-delà de deux semaines et s'accompagne d'une forte envie de s'isoler, d'irritabilité ou d'une perte de plaisir au quotidien, il pourrait s'agir d'un début de dépression.
Dans ce cas, le Dr Adler propose notamment la luminothérapie et la prise de vitamine D, qui ont montré des résultats favorables. Il rappelle toutefois que le mieux reste de consulter un professionnel de la santé afin de trouver les stratégies les plus adaptées à votre situation.
*Cet article a été réalisé avec la collaboration du docteur Perry Adler, psychologue. *
