L’utilisation du drone : une solution miracle au Québec?
De grandes machines impressionnantes qui volent au-dessus des champs : serait-ce la relève du tracteur qui fait son arrivée chez les agriculteurs québécois? Cette technologie offre plusieurs avantages aux agriculteurs, mais est-ce une solution miracle?
Une solution pour les champs trop mouillés
Après une bonne pluie ou au début du printemps, les conditions peuvent rapidement devenir difficiles pour la machinerie agricole. Un tracteur lourd peut s’enliser et endommager les cultures.
Le drone, lui, peut survoler les champs sans problème, même lorsque le sol est détrempé.
« On peut embarquer dans le champ [après une pluie], l’heure d’après, ça nous importe peu », explique Étienne Arpin, propriétaire d’ADR Épandage par drones.

Moins de dommages aux cultures
Contrairement à un tracteur, le drone ne circule pas directement dans le champ. Il évite ainsi de laisser des traces au sol, de compacter le sol humide et d’endommager les cultures.
Pour Étienne Arpin, c’est l’un des principaux avantages de cette technologie, avec l’accessibilité aux champs et les économies de carburant.
C’est notamment lorsque les champs sont difficiles d’accès que le drone peut avoir un avantage sur la machinerie traditionnelle.
Le vent, un ennemi à surveiller
Mais le drone n’est pas complètement à l’abri des caprices de la météo.
Le vent peut compliquer les opérations, particulièrement lors de l’application de substances liquides ou de petites graines. Selon le drone utilisé, la limite se situe autour de 15 à 20 km/h.
La pluie peut aussi affecter les opérations d’épandage. La météo reste donc un enjeu, peu importe l’outil utilisé.

Les pesticides aussi dans la mire
Depuis le 30 juin 2026, une nouvelle possibilité s’est ajoutée : Santé Canada autorise l’utilisation de drones pour l’application de pesticides déjà homologués pour l’application aérienne.
Cette mesure permet au drone de prendre une place plus importante dans certaines opérations agricoles.
Une formation nécessaire pour piloter
L’utilisation de tels appareils nécessite certaines qualifications. Les pilotes doivent notamment suivre une formation et obtenir les permis nécessaires auprès de Transports Canada.
Le pilotage des drones n’est pas improvisé. Selon Étienne Arpin, les modèles qu’il utilise pèsent 75 kg à vide et peuvent transporter une charge supplémentaire pouvant atteindre 100 kg.

Un outil de plus, pas une solution miracle
Malgré les avancées de la technologie, Étienne ne croit pas que le drone puisse remplacer la machinerie traditionnelle.
Pour certaines opérations et certaines superficies, les machines terrestres restent plus efficaces. Le drone est donc un outil supplémentaire.
Il peut toutefois faire une différence lorsque les champs sont détrempés, qu’une culture risque d’être endommagée ou qu’une intervention doit être faite rapidement.
Le drone n’est donc pas une solution miracle, mais bien un outil supplémentaire qui permet de composer avec les imprévus de la météo québécoise.
