Une onde causée par un volcan fait le tour du monde... deux fois !

Etna, Kilauea, Krakatoa… On entend ces noms et on sait immédiatement qu’il s’agit de volcans. Le 15 janvier 2022, un nouveau nom surgit et restera certainement gravé dans l’imaginaire collectif : le Hunga Tonga-Hunga Ha’apai. Son éruption est l’une des plus puissantes des dernières années… mais à quel point ?


Brève histoire du volcan tongien

Avant d’analyser cette fameuse éruption en détails, un bref retour dans le passé s’impose. Le cratère du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai n’était visible que depuis récemment par les habitants de l’archipel des Tonga, là où le volcan se trouve. Il était de type sous-marin jusqu’en 2015. Avant de se pointer le bout du nez hors de l’eau, il est entré en éruption sous l’océan en 2009, créant deux îles distinctes : Hunga Tonga et Hunga Ha’apai. Quelques faibles coulées se sont ensuite produites pendant que le volcan remontait tranquillement vers la surface. Au fil du temps, ces deux îles ont fini par n’en former qu’une seule. Alors, on se retrouve avec un cratère à très basse altitude, 149 mètres seulement, lors de l’éruption fatidique de janvier 2022.

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*Le cratère du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai n'est pas très élevé en altitude. Crédit : NASA.

Éruption ou explosion ?

Cette précédente information est cruciale en ce qui concerne la puissance de l’éruption. En effet, le tout est survenu lorsque le plancher océanique s’est effondré, ce qui a permis à l’eau de mer d’entrer dans la poche magmatique du volcan. À ce moment, on a donc un liquide à environ 20 °C, l’eau de l’océan, qui entre en contact avec un autre à plus de 1 000 °C, la lave du volcan. Le résultat de cet événement est une véritable explosion. C’est le même scénario qui survient à petite échelle lorsqu’on laisse couler de l’eau froide sur une poêle fraîchement retirée du feu. C’est pourquoi l’ « éruption » du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en janvier 2022 est plutôt considérée comme une explosion de type surtseyenne.

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*L'éruption fatidique a facilement été vue à bord de la Station spatiale internationale. Crédit : NASA.

Elle était si puissante qu’on a pu observer son panache de fumée de l’espace. L’événement a aussi poussé plusieurs pays bordant le Pacifique à émettre des alertes au tsunami. Elles ont été déclenchées au Pérou, aux États-Unis, jusqu’en Alaska, en passant par la Nouvelle-Zélande et, bien sûr, l’archipel des Tonga. Toutefois, un autre élément encore plus significatif permet de mieux comprendre l’intensité extrême de cette éruption unique : l’onde de choc. En explosant, le Hunga Tonga-Hunga Ha’apai envoie une onde circulaire dans l’atmosphère. Cela comprime l’air, ce qui augmente sa pression. Contrairement à l’onde marine, celle qui voyage dans l’air ne rencontre aucune frontière. Elle s’affaiblit donc par elle-même avant de disparaître. C’est cette onde que les stations météorologiques du monde entier ont mesuré dans les instants qui ont suivi l’éruption.

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Graphique mesurant la pression atmosphérique. Les deux pics d'intensité correspondent au moment où l'éruption a été enregistrée à Anchorage, Alaska

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L’explosion a été si puissante qu’en Argentine, on a mesuré l’onde de choc à deux reprises. En d’autres mots, elle a fait deux fois le tour du globe. Ce long voyage montre l’intensité de l’événement, qui a coupé les Tonga du reste du monde pendant plusieurs jours. Aujourd’hui, il ne reste aucune trace du volcan. L’éruption a détruit ce qui reliait les deux îles originelles, Hunga Tonga et Hunga Ha’apai, qui sont maintenant à nouveau séparées par l’océan.


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