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Et si l'eau se retirait au lieu de monter ?

lundi, 18 avril 2022 à 09:03 - Au fil des années, la montée des eaux est un sujet qui prend de plus en plus de place dans l’actualité. Voici un scénario hypothétique : le niveau de la mer descend au lieu de monter, que se passe-t-il ?


Bien entendu, un dérèglement climatique serait à prévoir. Si on met cela de côté, le retrait des eaux nous permettrait de découvrir les vestiges cachés du fleuve Saint-Laurent.

Un retrait de deux mètres…

Aussitôt le processus enclenché, de nouvelles îles se formeraient à partir de plusieurs hauts-fonds, ces endroits où la navigation est pratiquement impossible en raison d’un manque de profondeur. Par exemple, un nouveau lopin de terre serait visible tout près de Tadoussac. Le fameux phare du haut-fond Prince, aussi connu sous le nom de La Toupie trônerait sur cette nouvelle île.

Phare la Toupie Le phare du haut-fond Prince, à sept kilomètres des berges de Tadoussac.

Avec un retrait de deux mètres, plusieurs îles déjà connues, comme l’île Verte dans le Bas-Saint-Laurent et les îles de Sorel seraient plus vastes. Ce scénario les rendrait même plus accessibles, plus besoin d'embarcation pour les visiter. Parlant de bateaux, la navigation entre Montréal et le lac Saint-Pierre commencerait à être ardue. La profondeur de ce tronçon du fleuve varie de moins de 2 mètres à 20 mètres.

Un retrait de cinq mètres…

Maintenant, retirons cinq mètres d’eau à notre fleuve national. Le décor de la vallée du Saint-Laurent et de l’estuaire moyen serait alors bien différent de ce qu’on connaît aujourd’hui. En effet, il serait possible de traverser à pied de Montmagny jusqu’à l’Isle-aux-Grues. À cet endroit, le fleuve a une profondeur de seulement cinq mètres. Même scénario qui attend les berges des villes côtières du Bas-Saint-Laurent, surtout entre Saint-Jean-Port-Joli et Rivière-Ouelle, là où la côte est en faux plat descendant sur plusieurs mètres. Pour ce qui est de l’île d’Orléans, nous aurions toujours besoin de son pont pour y accéder, même si elle gagnerait déjà en superficie.

Toujours dans l’est de la province, avec un manque aussi important d’eau, certains mammifères marins, comme le petit rorqual, seraient de plus en plus difficiles à observer. Ils devraient alors nager plus loin de la rive, dans des eaux plus profondes.

Archipel Lac St Pierre Lac Saint-Pierre et son archipel. Plusieurs de ces îles seraient accessibles par voie terrestre.

Le plus gros changement observable avec un retrait de cinq mètres d’eau survient au niveau du lac Saint-Pierre. Il est déjà si peu profond que plusieurs opérations de dragage ont été nécessaires au fil des années pour faciliter le passage des bateaux. Si la voie draguée atteint 15 mètres de profondeur aujourd'hui, dès qu'on en sortirait, il ne faudrait plonger que de quatre mètres au maximum pour atteindre le fond. Cette mesure correspond à la profondeur maximale du lac à l'extérieur de la partie draguée. C’est pourquoi on pourrait parler d’assèchement du lac Saint-Pierre, dans ce scénario hypothétique.

L’eau se retire de dix mètres…

L’eau continue de se retirer, on en a maintenant perdu dix mètres ! Plus besoin des ponts Jacques-Cartier et Champlain. Vous voulez vous amuser au parc Jean-Drapeau ? Allez-y à la marche. Vous désirez traverser de Verdun à Brossard ? Pourquoi ne pas y aller à vélo ? Effectivement, la profondeur du fleuve entre Montréal et la rive sud est de dix mètres en moyenne.

Pont JC

En général, le fleuve Saint-Laurent aurait une allure bien triste s’il perdait autant de ses eaux : sa voie navigable serait considérablement rétrécie. À l'opposé, les villes côtières gagneraient du territoire, surtout celles situées plus à l’ouest. Entre Montréal et Trois-Rivières, que quelques flaques d’eau seraient encore visibles, et il serait possible de traverser d’une rive à l’autre ou simplement de faire une longue marche sur les vestiges du fleuve emblématique. De Québec en allant vers l’est, si la rive sud est peu profonde, la rive nord, elle, est davantage abrupte. Par exemple, le secteur de Baie-Saint-Paul ne connaîtrait pas vraiment de changement, là où les fonds marins plongent à plus de 45 mètres rapidement.

Allons plus loin…

Si les eaux continuent de se retirer, le fleuve va s’assécher tranquillement pour devenir pratiquement inexistant entre Montréal et Québec. Cependant, de l’estuaire vers le golfe, la profondeur atteint plus de 400 mètres. On y conserverait donc une bonne quantité d’eau. Malheureusement pour nous, les secrets les mieux gardés du fleuve seraient difficiles à ramener à la surface : les épaves. On retrouve plus d’une dizaine de bateaux échoués à cet endroit. Certains sont tout près de la surface alors que d’autres ont sombré à plus de 240 mètres de profondeur. À moins de 30 mètres, on retrouve les navires Germanicus, Scotsman et Brier Mist qui ont tous été victimes des aléas de la météo. On pourrait aussi y découvrir le plus imposant récif artificiel du Québec, au large de Sainte-Luce.

empressofireland L'imposant Empress of Ireland en navigation sur les eaux du Saint-Laurent.

Cependant, pour y découvrir le gros lot, l’eau doit se retirer de 45 mètres et dévoiler les vestiges du fameux Empress of Ireland, ce navire de croisière de la même famille que le Titanic. Son naufrage est l’une des catastrophes maritimes les plus importantes de la province et du pays, mais aussi du début du XXe siècle. L’événement a coûté la vie de plus de 1 000 personnes.

Bref, tout ceci n'est qu'un scénario hypothétique et il serait extrêmement surprenant d'être témoins de semblables situations de notre vivant. Et bien avant de découvrir les épaves du Saint-Laurent, le manque d'eau sur Terre aura déjà occasionné bien d'autres conséquences.


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