Organisation météorologique mondiale : 10 faits sur l’état de la planète en 2019

Chaque année, l’Organisation météorologique mondiale produit un rapport sur l’état du climat sur Terre. Toutes les facettes y sont abordées. Voici les dix points forts de ce document qui illustre bien la santé actuelle de notre planète.

Température globale

En 2019, la température mondiale a été supérieure de 1,1 °C à celle de l’ère préindustrielle. L’année 2019 est la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée. Celles de 2015 à 2019 sont les cinq années les plus chaudes et la décennie 2010 - 2019 est aussi la plus chaude jamais enregistrée. On est maintenant très près du seuil fixé par la communauté scientifique et contenu dans l’Accord de Paris de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. C’est la hausse limite si on ne veut pas connaître des bouleversements majeurs.

CO2

En 2019, nouveau pic de concentration de CO2 dans l’atmosphère, soit 407,8 ppm (parties par million). Avant l’ère préindustrielle, ce chiffre se situait à 280 ppm. Certains rappelleront qu’au temps des dinosaures, la concentration de CO2 était plus élevée. C’est vrai, elle se situait à 1800 ppm, mais à cette époque, il n’y avait pas d’humains vivants dans une société où le climat est intimement lié aux activités économiques. Il ne faut pas non plus oublier que la durée de vie d’une molécule de CO2 dans l’atmosphère est d’environ cent ans. Ces molécules régiront le climat encore longtemps après que l’on ait cessé de les émettre.

Température des océans

En 2019, le contenu thermique des océans, jusqu'à une profondeur de deux kilomètres, a dépassé les records établis en 2018. Le réchauffement des océans contribue pour plus de 30 % à l’élévation du niveau de la mer, car l’eau chaude en prenant de l'expansion occupe plus de place que l’eau froide. L’an dernier, le niveau moyen de la mer à l’échelle mondiale a atteint sa valeur la plus élevée jamais enregistrée.

Vagues de chaleur

En 2019, l’Australie a connu ses sept journées les plus chaudes de tous les temps. Le 18 décembre dernier, le mercure affichait 41,9 °C. En Europe, l’Allemagne (42,6 °C), les Pays-Bas (40,7 °C), la France (46,0 °C), le Royaume-Uni (38,7 °C), la Belgique (41,8 °C) et la Finlande (33,2 °C) ont tous enregistré des records nationaux.

Inondations

En 2019, on a recensé plusieurs milliers de morts en Inde, au Népal, au Bangladesh et au Myanmar. Ces pertes de vie sont dues aux inondations liées à la mousson qui a commencé tardivement, mais qui s’est terminée avec des précipitations supérieures à la moyenne. Juste aux États-Unis, les pertes économiques liées aux inondations, l’an dernier, se chiffrent à 20 milliards de dollars.

Sécheresse

En 2019, la sécheresse s’est abattue sur de nombreuses régions du Sud-est asiatique et sur l’Australie, qui a connu son année la plus sèche jamais enregistrée. En Afrique, les régions du sud et du centre, ainsi que certaines parties de l’Amérique du Sud ont reçu des quantités de précipitations anormalement faibles.

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Feux de forêt

En 2019, on a enregistré un nombre d’incendies supérieur à la normale dans des régions de hautes latitudes comme la Sibérie, l’Alaska et même en Arctique. La grave sécheresse qui a sévi en Indonésie a déclenché la pire saison des incendies depuis 2015. Le nombre total d’incendies recensé en Amérique du Sud a été le plus élevé depuis 2010. En Australie, la saison a été exceptionnellement longue, ravageant sept millions d’hectares, détruisant 2000 propriétés et coûtant la vie à 33 personnes.

Cyclones tropicaux

En 2019, le nombre de cyclones tropicaux a été supérieur à la moyenne autant dans l’hémisphère Nord avec 72 que pour l’hémisphère Sud avec 27. La Terre a connu 99 cyclones au total quand la moyenne annuelle est approximativement de 80. À lui seul, le cyclone Ida qui a frappé le Mozambique et ses pays voisins a détruit 780 000 hectares de culture dans des pays déjà aux prises avec la famine. Il a également forcé le déplacement de 180 000 personnes.

Couvert de glace

En 2019, le couvert de glace mondial a été lourdement affaibli. L’Arctique a connu sa troisième étendue la plus faible. L’Antarctique enregistre des niveaux extrêmement bas depuis 2016. Au Groenland, neuf des dix bilans annuels les plus bas ont eu lieu au cours des treize dernières années. Pour les glaciers terrestres, depuis 2010, on a enregistré huit des dix bilans les plus bas. Rappelons que la fonte de l’Antarctique, du Groenland et des glaciers terrestres contribue à la hausse du niveau des océans.

Santé

En 2019, les températures élevées sans précédent qu’ont connues l’Australie, l’Inde, le Japon et l’Europe ont nui à la santé des populations. En France seulement, 1462 personnes ont perdu la vie à cause de ces vagues de chaleur. L’incidence mondiale de la dengue a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies. Aujourd’hui, la moitié de la population mondiale est exposée à un risque d’infection comme la malaria, le chikungunya et la dengue.