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Lors d’une expédition, il découvre que la montagne est vivante

lundi, 21 novembre 2022 à 09:00 - Enfant, il était du genre à fréquenter les skateparks. À l'adolescence, il troque l’asphalte pour la montagne. Mordu d’aventures et de grands espaces, il prend plaisir à repousser ses limites. Rencontre avec le technicien en avalanche chez Avalanche Québec, Lucas Garceau-Bédard.

C’est un ami qui, lors d’une discussion de cuisine, lui parle du cours en tourisme d’aventure donné au Cégep de la Gaspésie et des Îles. Lucas décide de quitter son Val-d’Or natal et de se rendre, 1 400 km plus loin, en Gaspésie. Six ans plus tard, il fait toujours ce qu’il aime le plus au monde, jouer dehors !

« L'Abitibi et la Gaspésie, ça se ressemble en termes de région parce que tu es loin de la ville et ce sont deux endroits où je me sens bien. Mais ce qui est unique à la Gaspésie, c'est l'accès aux montagnes et au fleuve qui est, selon moi, absolument incroyable. C'est comme un immense terrain de jeu, été comme hiver. » - LUCAS GARCEAU-BÉDARD, Technicien en avalanche pour Avalanche Québec

PRÉSENT AU BON MOMENT

Côté défis, il n'en manque pas. Puis, des histoires à raconter, il en a des tonnes. Il faut dire que la Gaspésie, entre autres, est réputée pour ses risques d’avalanche. Au Québec, on en dénombre en moyenne une cinquantaine par année. Lucas a, malgré lui, assisté à l’une d'elles.

« C’était le 28 janvier 2018. J'étais avec des amis au mont Albert pour faire du ski et nous amuser avec notre équipement. À un moment donné, on a remarqué un groupe, au loin, qui descendait la montagne sur leurs fesses. Je ne comprenais pas trop pourquoi. Quand j’ai remarqué le nuage de neige et les arbres cassés, j’ai réalisé qu’ils ne glissaient pas, mais qu’ils étaient pris dans une avalanche. C'était la première fois que j’en voyais une, live. »

À ce moment-là, le groupe de skieurs ne le savait pas encore, mais ils ont été chanceux dans leur malchance. Lucas et ses amis avaient suivi leurs cours d’avalanche l’année précédente et ils avaient dans leurs sacs à dos tout leur matériel de secourisme. En allant porter secours aux victimes, ils se sont assurés que personne ne souffrait d'hypothermie. Un des skieurs avait le fémur fracturé ; ils ont été en mesure d'immobiliser la jambe et de mettre le blessé sur un traîneau d’évacuation.

« Les gens dans l'avalanche avaient perdu du matériel et je leur ai dit : je vais revenir ici au printemps ; je vais trouver vos skis, vos bâtons, puis je vous les ramène à Québec. Bien, j'ai retrouvé un ski, un de mes professeurs a retrouvé un bâton. Puis l'automne d'après, j’ai ramené tout ça à Québec. »

LA FOIS OÙ IL A EU VRAIMENT PEUR

L’événement au mont Albert a été la première et la dernière fois où Lucas a dû intervenir sur un accident d’avalanche. Par contre, il se souvient d’un moment où il a vraiment eu peur d’y rester.

« J'étais en Asie centrale, au Kirghizistan. On était là pour tourner un film de ski. À un moment donné, une immense avalanche s’est déclenchée et elle est passée à une cinquantaine de mètres d’un de mes collègues. Le pire est que cette journée-là, on était super confiant sur la stabilité du manteau neigeux. On pensait qu'on avait compris des affaires alors que, finalement, il s'est passé tout le contraire. »

ESPRIT DE LA MONTAGNE

Comme dans la légende algonquine, Lucas croit au Windigo. À l’esprit de la montagne. Selon lui, la montagne est vivante. En jasant avec plusieurs aventuriers, nombreux me disent la même chose.

« Je pense que chaque montagne a une âme. Que chaque montagne peut décider de ce qu’il va se passer avec le skieur qui la dévale. Il faut l'approcher humblement sans sauter d’étapes. »

MINI-WHEATS

Lucas est du genre, pratico-pratique. N’aimant pas particulièrement l’école, aller en montagne jour après jour c’est sa façon, à lui, de continuer d’apprendre.

« Quand je suis en ascension, je me sens vraiment déconnecté. Je suis concentré sur mon alimentation, mon hydratation, comment mon corps réagit, sur mon itinéraire, sur mon équipe. Tout ce qui est important, c’est le moment présent. »

Son plus beau terrain de jeu en Gaspésie c’est le mont Albert. C’est une montagne qui est unique en son genre parce qu’il n’y a pratiquement pas d’arbres. Elle lui fait penser un peu aux Rocheuses de l’Ouest canadien. Les sentiers sont bien aménagés et on peut s’y amuser été comme hiver.

« Définitivement, c'est une montagne qui a du caractère. Elle a un côté doux et un côté rugueux. Le mont Albert, c'est comme un Mini-Wheats. (Rire) »

LA RECETTE D’UNE AVALANCHE

Ça prend trois choses :

(1) Un terrain avalancheux. Donc une pente suffisamment inclinée.

(2) Un manteau neigeux qui est présent sous forme instable.

(3) Un événement déclencheur. Par exemple, un skieur.

Il existe différents types d'avalanches, mais souvent on va parler d'avalanches de plaque. C’est une plaque de neige qui décroche et qui dévale la pente. Si tu es dans sa trajectoire, elle peut t'amener avec elle.

AVALANCHE QUÉBEC, C’EST QUOI ?

Avalanche Québec, c’est un peu comme MétéoMédia. Nous on fait des prévisions météorologiques et eux, font des prévisions pour les avalanches dans le secteur des Chic-Chocs au parc national de la Gaspésie.

Le bulletin est public et vous pouvez le consulter juste ici. Le but est de vous informer sur les risques potentiels d’avalanches et de planifier vos sorties en montagne de façon sécuritaire.

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