Le sel de voirie : pas toujours la meilleure solution

Julie PerreaultRédactrice

Bien que fréquemment utilisée, cette substance n’est pas systématiquement le meilleur choix. On vous explique pourquoi.


Le sel de voirie est couramment utilisé à travers le Canada pour réduire ou éliminer la neige et la glace sur les routes, les trottoirs et les allées, en hiver.

Bien que son emploi puisse varier d’un hiver à l’autre, selon la gravité et la fréquence des chutes de neige et des épisodes de glace, une moyenne de cinq millions de tonnes de sel de voirie est utilisée annuellement au Canada. Au Québec seulement, c’est environ 1,5 million de tonnes qui sont utilisées.

épandage sel

Cependant, il n’est pas toujours garanti que ce soit le moyen le plus efficace pour rendre les routes moins glissantes. De plus, l'emploi de celui-ci comporte divers désagréments.

Pas toujours efficace

L’idée que le sel fait automatiquement fondre la glace sur laquelle vous le mettez n’est pas entièrement vraie, selon notre collègue Mark Robinson, météorologiste et chasseur de tempêtes à The Weather Network.

Pour mieux comprendre : le sel fait réellement baisser la température à laquelle l’eau gèle. Donc, lorsque vous l’étalez sur le sol, à moins qu’il ne fasse assez chaud pour y avoir de l’eau, il ne se passera rien.

« Si vous prenez des températures de -10 °C à -20 °C, cela peut n’avoir aucun effet. Vous avez besoin de la plus petite quantité d’eau pour démarrer le processus de dissolution. Ensuite, cette eau salée ira sous la glace et commencera le processus de fonte », indique M. Robinson.

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Dommages aux véhicules et aux infrastructures

En raison des effets combinés des réactions chimiques du sel et du temps, plus le sel de voirie entre en contact avec votre véhicule et plus vos risques que la rouille apparaisse sur celui-ci augmentent. Le sel de voirie peut également compromettre gravement les ponts, les garages de stationnement, les voies ferrées et d’autres infrastructures de transport public.

L’environnement aussi malmené

Par ailleurs, « lorsqu’il y a une grosse fonte, toute cette eau salée va dans nos lacs et nos cours d’eau », explique M. Robinson. C’est pourquoi plusieurs municipalités et organismes cherchent à trouver des alternatives plus respectueuses de l’environnement. C’est le cas notamment à Montréal, où le Groupe Signature sur le Saint-Laurent inc. emploie du jus de betterave pour entretenir la piste du pont Samuel-de-Champlain.

Le jus de betterave à sucre abaisse le point de fusion de la glace et de la neige. Il est sans danger pour les animaux, les personnes, les métaux, le béton et les plantes. Donc, s’il vous reste du jus de betterave de votre souper de Noël, n’hésitez pas à l’étaler dans votre allée.

Du sable, des cendres de cheminée et même de la mouture de café peuvent être aussi une autre excellente alternative. Saupoudrez-les sur vos surfaces glacées pour fournir une meilleure traction. Les couleurs plus foncées absorberont également plus de chaleur et aideront à faire fondre la neige et la glace. D’ailleurs, la métropole utilise déjà le marc de café à certains endroits.

D’après des informations de Nathan Howes, journaliste à The Weather Network


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