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La Niña prépare son retour... Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

vendredi, 15 mai 2020 à 14:43 - Les températures d’une zone du centre du Pacifique sont surveillées de près par les météorologues du monde puisqu’elles influencent énormément les patrons atmosphériques. À l’heure actuelle, elle semble se diriger vers une anomalie négative, soit un phénomène « La Niña ». Les conséquences sont importantes en Amérique du Nord.


L’anomalie de la température (différence entre la température observée et la normale) des eaux dans le Pacifique est un important facteur à surveiller d’une saison à l’autre puisqu’elle influence le patron météo à l’échelle mondial mais aussi la saison des ouragans. À l’heure actuelle, cette zone du Pacifique que l’on appelle ENSO est en phase « neutre », soit dans ses normales. D’après les dernières données de la NOAA, la région 3.4, soit la région principale qui détermine la phase actuelle, représentée ci-dessous, se retrouve à 0,2°C au-dessus des normales.

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Source: NOAA

Nous sommes en phase neutre légèrement plus chaude et d’ici l’automne, la tendance devrait se refroidir. En effet, au cours des deux derniers mois, une anomalie froide des eaux de surface s’est déplacée d’ouest en est dans le Pacifique. Il est fort probable que le refroidissement se faire sentir au niveau d’ENSO, ce qui fera basculer la tendance vers une anomalie légèrement plus froide.

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Une mise à jour de la prévision par les modèles météorologiques, sortie le 14 mai par l’université de Columbia à New York, suggère effectivement que des conditions neutres se poursuivront au cours de l’été, mais cette fois-ci négatives.

L’anomalie ne sera toutefois pas assez importante pour être qualifiée de La Niña. Il faudrait qu’elle soit au minimum de -0,5 °C pour être considérée comme telle.

LA NINA 5

Cependant les probabilités de voir se former La Niña au cours de l’automne a augmenté. Alors que les dernières mises à jour à la fin du mois d’avril prévoyaient 30 % de probabilités, elles ont augmenté à 38 % dernièrement. Et elle pourrait même se former d’ici la fin de l’année. Celles de voir El Niño revenir sont de plus en plus faibles.

Une mauvaise nouvelle pour les ouragans

Les phases neutres et La Niña ont des impacts sur l’activité tropicale de l’Atlantique et Pacifique en raison de leur interaction avec l’atmosphère.

En général, pendant les années El Niño, la configuration des vents est modifiée de telle sorte que le cisaillement des vents (changement de direction ou de la force des vents avec la hauteur) est plus fort dans le bassin Atlantique. Le développement des ouragans est alors réduit puisque ces monstres marins ont besoin d’un cisaillement faible pour gagner en intensité.

Lorsque La Niña est présente, c’est le phénomène inverse qui se produit car cela favorise un cisaillement des vents plus faible en moyenne... C’est pourquoi un plus grand nombre de tempêtes et d’ouragans est possible durant La Niña. Rappelons que d'après les prévisions de l'université du Colorado, l'activité tropicale serait plus active qu'à l'habitude cette année.

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Un fait intéressant observé d’après les données de la NOAA (de 1995 à 2016), est que le nombre de tempêtes nommées et d'ouragans est similaire pour les années avec une anomalie neutre ou les années La Niña.

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Les conséquences sur le Québec

Alors que La Nina a très peu d’impact au cours de l’été sur le continent américain, en hiver cela est différent.

Des hivers plus froids au Québec sont associés à La Niña, contrairement à son frère El Niño. En effet, ce dernier avait fait beaucoup parler de lui puisqu’il avait atteint un niveau record en 2015. L’hiver 2015-16 avait été le plus chaud jamais enregistré en Amérique du Nord.

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À noter toutefois que les observations et prévisions peuvent encore changer, à mesure que les semaines avanceront.

Pour mieux comprendre ENSO

El Niño et La Niña sont des phases opposées de ce que l’on appelle le cycle ENSO (El Niño South Oscillation), un terme scientifique pour décrire les fluctuations de la température des eaux de surface et leur interaction avec l’atmosphère. Ce cycle naturel oscille tous les trois à sept ans et on le retrouve dans l’océan Pacifique équatorial, où les eaux de surface sur une large bande se retrouvent 1 °C à 3 °C au-dessus ou sous les normales.

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Lorsque les eaux du Pacifique équatorial central sont plus chaudes que la normale, on se retrouve en phase chaude connue sous le nom d’El Niño, et à l’inverse lorsque celles-ci sont sous la normale, donc en phase froide, on parle de La Niña. Il arrive que l’on se retrouve en phase neutre, comme les conditions actuellement observées en ce début d’année 2020, c’est-à-dire que la température des eaux de surface se retrouve près des normales.

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Ce phénomène océanique de grande échelle a des impacts non seulement sur les processus océaniques, mais aussi sur la météo et le climat mondial. En effet, il entraîne des différences significatives dans les températures moyennes de l’océan, la force des vents, la pression de surface et les précipitations. Cela a un effet sur le positionnement moyen du courant-jet qui, à son tour, affecte la trajectoire des dépressions.

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