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Jeter l'ancre peut effacer 100 ans d'histoire

dimanche, 19 mai 2019 à 16:33 - Jeter l’ancre, cette action primordiale en sécurité marine, n’est pas si inoffensif qu’on le croit.


La saison estivale est à nos portes. C’est donc seulement une histoire de jours avant que les plaisanciers ne prennent les rivières québécoises d’assaut. Plusieurs d’entre eux vont accoster dans divers ports de la province, jetant l’ancre qui s’enfouit dans le sable des fonds marins. Ce geste, que même les pirates posaient, est devenu une véritable problématique dans certains endroits du globe.

En effet, les fonds marins des berges de la mer Méditerranée et du sud de l’Australie sont parsemés d’une plante aquatique indispensable : la posidonie. Les scientifiques comparent cette espèce protégée aux forêts tropicales et aux récifs coralliens puisqu’elle aussi absorbe le carbone, prévient l’érosion des berges, produit de l'oxygène et abrite certains bébés poissons.

Posidoniaposidonie

La posidonie. Crédits : Wikimedia Commons

Le problème, c’est que la posidonie est très fragile : elle pousse très lentement et ne peut fleurir que quelques fois par décennie. Donc, chaque fois qu’un plaisancier lance l’ancre de son yacht à l’eau, il détruit des centaines d’années d’histoire qui prendront des centaines d’autres à se régénérer. Ainsi, le golfe d’Antibes a perdu 30 % de sa population de posidonie en seulement cinq ans.

La situation pousse les autorités des pays méditerranéens à imposer une réglementation pour freiner la destruction des ces milieux naturels. Dès l’été 2020, les bateaux de plaisance de plus de 24 mètres devront mouiller l’ancre dans des endroits où la posidonie est absente. Les contrevenants doivent s’attendre à payer une amende de 150 000 euros et sont passibles d’une sentence d’un an de prison.

Conséquences de la navigation au Québec

Au Québec, on ne trouve dans aucun herbier cette espèce aquatique protégée. Cependant, la navigation de plaisance n’est pas sans conséquence sur nos cours d’eau. On n’a qu’à penser à la pollution due au fonctionnement du moteur et au rejet des eaux de cale qui peuvent contenir de l’huile à moteur, de l’antigel et du carburant.

Tout comme pour le littoral de la Méditerranée, une berge absente de végétation est davantage exposée au risque d’érosion. En naviguant, les embarcations produisent des vagues dont la hauteur est directement en corrélation avec la grosseur du bateau. Plus elles sont imposantes, plus le batillage est important. On calcule que les rives reculent d’environ trois mètres par année, ce qui expose les riverains à un risque de glissement de terrain. Dans les eaux peu profondes, les hélices peuvent également perturber l’habitat de certaines espèces marines qui dépendent de la vase et des sédiments qui s’y trouvent.


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