Immense cratère au Groenland : un impact équivalent à 700 bombes nucléaires

Le glacier Hiawatha, au Groenland, cache un secret bien gardé : un cratère de près de 31 kilomètres de diamètre.


Il s’agit du premier cratère d’impact à avoir été découvert en sol groenlandais. Enfouie sous près d’un kilomètre de glace, cette dépression en forme circulaire détonne du reste de la roche-mère. Elle serait le résultat de la collision entre un immense météorite de près d’un kilomètre de diamètre et la masse continentale, très dense, présente sous les glaciers du Groenland.

En analysant des sédiments transportés par la rivière, qui prend son origine dans le glacier Hiawatha, les scientifiques ont découvert des grains de quartz, qui montraient des signes d’une déformation liée à un choc important. Ces particularités ne sont visibles qu’au microscope, mais témoignent d’un choc à très haute pression.

Ces petits morceaux de quartz seraient dérivés de la fusion par impact de certaines composantes de la roche-mère, sous l’influence de la météorite.

Ce cratère est l’un des 25 plus grands découverts jusqu'à maintenant à la surface du globe, et un des seuls qui a conservé l’essentiel de sa topographie originale. Il est effectivement protégé de l’érosion et des aléas météorologiques, camouflé sous l’inlandsis.

Si le moment exact où il s’est écrasé sur Terre reste incertain, il est possible de croire que l’impact serait assez récent - à l’échelle géologique, du moins. La collision aurait pu se produire aussi tôt qu'il y a 12 800 ans. Cependant, dans tous les cas, les répercussions sont immenses, et se sont probablement fait sentir à l’échelle planétaire.

Une explosion extrêmement destructrice

Les dynamiques de l’impact ont dû être impressionnantes.

Le contenu continue ci-dessous

Le météorite aurait d’abord créé une cuvette de près de sept kilomètres de profondeur, sous la force de l’impact. La roche-mère aurait ensuite «rebondi» pour former le cratère encore présent aujourd’hui, soit près de 31 kilomètres de diamètre.

Hiawatha v45 scene1 4k 5mtopo.2165 print

L'explosion qui en a résulté aurait eu l'énergie équivalente à près de 700 bombes nucléaires. Cela n'aurait pas été aussi catastrophique que le météorite qui aurait sonné le glas de l'ère des dinosaures, qui a laissé derrrière lui un cratère de près de 200 kilomètres de diamètre.

Près de 20 km³ de roche auraient carrément fondu sous la force immense de l’impact. Une autre portion aurait été réduite en poussière. Des vents de force ouragan auraient soufflé un peu partout sur la région.

Derrière une ère glaciaire

Pour l’instant, les chercheurs ne peuvent statuer avec certitude que les glaciers étaient présents au moment de la collision. Ce serait d'ailleurs le cas si l'événement s'est produit il y a près de 13 000 ans.

Si c’est le cas, des milliards de tonnes de glace se seraient vaporisées, entraînant une augmentation de la concentration d’eau douce dans les océans de manière quasi-instantanée. Cela aurait donc débalancé la fragile danse des courants océaniques, entraînant une chute marquée des températures.

Ce météore aurait donc pu avoir une influence sur une ère glaciaire qui aurait duré environ un millénaire, nommé le Dryas récent (traduction de «Younger Dryas»), qui a débuté il y a environ 12 800 ans.

Le contenu continue ci-dessous

Cependant, cela reste une théorie, et de plus amples recherches seront nécessaires pour infirmer ou confirmer cette hypothèse.

Source : Science

NDLR : Les images sont tirées du studio de visualisation scientifique de la NASA (2018)


À VOIR ÉGALEMENT : Quinze cyclones de 1000 kilomètres sévissent sur cette planète