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COVID-19 : cet effet insoupçonné de la maladie va vous surprendre

mardi, 31 mars 2020 à 08:17 - Les restrictions imposées par les autorités en raison de la crise de la COVID-19 entraînent une baisse importante du trafic aérien. Bien qu’elles soient essentielles pour prévenir la propagation de la maladie, ces mesures ont un effet pervers : la précision des prévisions météo est aussi en déclin.


Les données météorologiques recueillies par les milliers d’avions en vol chaque jour sont essentielles aux modèles de prévision météo. Depuis le début de la crise, le nombre de vols a été réduit au maximum, privant les modèles de prévision d’une donnée, dont ils ont grand besoin.

On remarque une baisse de 65 % de la quantité de données prises par les avions.

traffic aérien avant pandémie (Le trafic aérien avant la pandémie - source: Flightradar24.com)

Traffic aérien depuis pandémie (Le trafic aérien le 25 mars 2020 - source: Flightradar24.com)

«Sans ces données, les conditions initiales des modèles peuvent être faussées, ce qui augmente considérablement le risque d'erreurs dans les prévisions. Si nous ne savons pas d'où nous partons, il est très difficile de prévoir où nous irons» mentionne Doug Gillham, directeur du Centre de prévisions de The Weather Network.

Le plus grand impact de cette baisse se situe au niveau des prévisions à court terme (24 heures), mais il y a aussi un impact non négligeable sur les prévisions à moyen terme (7 jours). C'est la précision de la prévision des vents qui est surtout touchée.

Heureusement, une portion des données recueillies par l’aviation est issue de l’aviation destinée au transport de marchandises, qui lui, est beaucoup moins affecté que le transport de passagers. On songe maintenant à augmenter le nombre de ballons-sondes pour, quelque peu, pallier le manque de données généralement récoltées par les avions de ligne.

L’ABC d’une bonne prévision

Pour faire une bonne prévision, il faut d’abord posséder une image juste de l’atmosphère actuelle. Ces données sont recueillies par les stations d’observation, les ballons-sondes et les satellites. Elles sont ensuite ajoutées à celles enregistrées par les milliers de vols quotidiens partout dans le monde. Une image très précise de l’atmosphère devient le point de départ pour les supercalculateurs météorologiques qui modélisent le comportement futur de l’atmosphère. Si moins de données sont injectées dans le modèle, le résultat sera moins précis.

« Il est difficile de recueillir des données précises sur les conditions actuelles dans la haute atmosphère, en particulier au-dessus des océans du monde, car nous ne sommes pas en mesure de lancer des ballons météorologiques depuis ces régions. C'est là que les compagnies aériennes contribuent réellement à combler les lacunes des données en enregistrant et en communiquant des informations sur la température, l'humidité, la vitesse et la direction des vents lorsqu'elles volent autour du monde, en particulier au-dessus des océans» déclare Doug Gillham, directeur du Centre de prévision de The Weather Network.

En temps normal, il y a, chaque jour, 102 000 vols à travers le monde. Les pilotes ont accès, à partir de leur cockpit, à une foule de données atmosphériques pour mieux prendre les décisions nécessaires à un vol sans problème. Ces données permettent, entre autres, de prévenir les passagers en cas de turbulence. Les premiers avions équipés d’appareils météorologiques sont apparus à la fin de la Première Grande Guerre. Dès 1919, le Service météorologique du Royaume-Uni payait des pilotes pour prendre des données en altitude. En 1986, le Service météo australien devient le premier à injecter les données recueillies par les avions dans leurs modèles de prévision.

La prise de données en altitude ne date pas d’hier. Au XIXe siècle,on sait déjà que les données de température et de pression, la vitesse des vents ainsi que le taux d’humidité sont essentiels pour comprendre l’évolution de l’atmosphère. Gustave Hermine sera le premier à déployer un ballon-sonde, en septembre 1892, pour recueillir des données sur l’atmosphère en altitude. Depuis, le ballon-sonde fait partie du quotidien des météorologues.

Source : European centre for medium-range weather forecasts (ECMRWF)

Issu d'une collaboration avec Patrick de Bellefeuille, présentateur et expert des changements climatiques à MétéoMédia


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