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Cop 26 : un petit pas dans la bonne direction

jeudi, 18 novembre 2021 à 11:55 - Les négociations sur le climat sont terminées à Glasgow, mais la lutte est loin d’être gagnée. Dans la déclaration finale, les pays se sont engagés à en faire plus, même si certains notent que c’est encore loin du compte. La plus grande avancée reste qu’ils se sont entendus pour mettre sur la table chaque année des cibles plus ambitieuses que les précédentes, plutôt que tous les cinq ans comme le stipule l'Accord de Paris.

Les bons coups

Le fait que les pays vont devoir rehausser leurs cibles de réduction annuellement est, en soi, un grand pas. Il faudra maintenant voir si les pays vont réussir ce tour de force ou si l’augmentation annuelle qu’ils déposeront sera négligeable, voire insuffisante pour faire une différence. Les Nations Unies et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sont clairs : même si tous atteignent les cibles qu’ils se sont données, la marque de 1,5 °C de hausse de la température globale sera dépassée.

Ce sont 26 pays qui ont promis de baisser leurs émissions de 50 % d’ici 2030. Le Canada a fait la promesse de réduire de 40 à 45 % ses émissions, mais le Québec, quant à lui, n’a pas déposé de nouvelles cibles de réduction. M. Legault a toutefois promis cinq milliards de dollars pour l’électrification des autobus urbains au Québec. Le Québec a aussi rejoint les rangs de la Beyond Oil and Gas Alliance (BOGA), une association qui fait la promotion de la transition énergétique.

De plus, le ministre de l'Environnement, M. Steven Guilbault, a promis la fin de l’électricité produite à partir de charbon au pays d’ici 2030. Le défi est de taille quand on sait que la moitié des provinces canadiennes utilisent encore, en partie, ce procédé.

Pendant cette conférence, les pays ont finalement négocié l’article 6, qui avait été inscrit dans l’Accord de Paris, mais dont la mécanique n’avait pas été discutée. Celui-ci stipule qu’un pays peut investir dans un projet vert qui n’est pas sur son territoire et additionner à son propre bilan national les réductions engendrées dans cet autre pays. Il y a dans ce procédé un certain risque, car un grand émetteur pourrait utiliser ce processus pour ne jamais réduire, ou très peu, ses propres émissions en agissant ailleurs. Ce faisant, les plus grands pollueurs n’auraient jamais à contrarier leurs électeurs avec des lois impopulaires.

Les pays développés sont responsables de la très grande majorité des émissions de l’humanité depuis le début de l’ère industrielle. Les pays en développement sont, quant à eux, les plus vulnérables aux changements climatiques induits par nos émissions. En 2009 à Copenhague, les pays riches leur avaient promis 100 milliards de dollars annuellement pour pallier ce déséquilibre. Cet argent devrait servir à faciliter leur transition vers les énergies vertes et leur adaptation, car leurs infrastructures n’ont pas été conçues pour le climat de demain. De ce côté, les progrès sont lents. Jamais ce montant n’a été atteint et on ne croit pas y arriver avant 2023. La déclaration finale de la COP 26 demande donc aux pays riches de doubler leurs contributions dès l’an prochain.

Les moins bons coups

Le premier jour des négociations, 100 pays annoncent qu’ils ont signé une déclaration pour arrêter la déforestation dans le monde. À la grande surprise de tous, le Brésil et l'Indonésie étaient signataires de l’entente. Ces deux pays sont reconnus comme ceux qui détruisent le plus leurs forêts, pour fin d’exploitation agricole. C’est sans surprise que l'Indonésie se retirait de l’entente deux jours plus tard.

Fait particulièrement étonnant, plus de 500 lobbyistes des énergies fossiles étaient inscrits à la COP 26, dont certains parmi la délégation canadienne. Le nombre est d’autant plus surprenant quand on pense que la plus grande délégation à la COP 26 était celle du Brésil avec près de 470 délégués. Par ailleurs, on a promis de couper les subventions octroyées à l’industrie fossile, mais seulement celles qui seraient responsables d’une hausse de la production.

Dans la déclaration finale, on peut lire que les pays s’engagent ¸à réduire progressivement leur usage du charbon. Cette phrase a été modifiée à la demande de la délégation de l’Inde qui, soutenue par la Chine, n’aimait pas la formulation originale selon laquelle les États auraient favorisé une transition vers un monde sans charbon. Il est important de souligner que l’Inde est un pays où l'extrême pauvreté est très répandue. On comprend que le gouvernement préfère d’abord régler les problèmes de pauvreté de ses citoyens avant de s’attaquer aux centrales électriques qui utilisent le charbon pour produire son énergie.

La COP 27 aura lieu l’an prochain à Assouan en Égypte du 7 au 18 novembre 2022.

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