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Voici 158 façons de dire le mot neige

lundi, 8 mars 2021 à 07:00 - Dans la croyance populaire, on raconte que les Inuits utilisaient 52 termes pour décrire la neige. Est-ce le cas chez tous les peuples autochtones, comme chez les Innus par exemple ? J’ai posé la question à Yvette Mollen, professeure en langue innue à l’Université de Montréal.

Lundi matin, une petite neige tombe lorsque je la retrouve au parc Molson. Le décor est idéal.

* « Il y a un mot pour dire neige, c’est « kun ». Ensuite, il existe 158 termes où on retrouve le mot kun qui sert à décrire la neige. Pour la glace, il en existe une centaine. » - Yvette Mollen*

Yvette me raconte que la langue innue est très descriptive. C’est pour cette raison qu’ils en utilisent autant. Le mot « kun » est un morphème, ce qui veut dire qu’il est l’élément significatif qui se glisse au travers d'autres mots. Par exemple, si on veut parler de la hauteur de la neige, on dira ishpitanuakunakau. S’il neige à gros flocons, on utilisera le mot mamakakunatshipanu. Ou encore, pour parler d’une neige collante, notre fameuse neige à bonhomme, on dira minamuakunakau. Le mot « kun » revient régulièrement.

Depuis que je suis toute petite, j’ai appris qu’au Québec, il y a quatre saisons. Le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Dans certaines communautés autochtones, on dit plutôt qu’il existe cinq saisons. En plus des quatre que nous connaissons déjà, une cinquième se glisse entre le printemps et l’été pour parler de la terre qui dégèle et du retour de la verdure.

Les Innus vivent au fil des saisons. Chacune d’elles a son importance et sa raison d’être.

TAKUATSHIN (AUTOMNE)
On se prépare à retourner dans les terres. On se prépare à rejoindre les territoires de chasse.

PIPUN (HIVER) On est en mode survie. C’est la saison de la chasse et de la pêche sur la glace.

SHIKUAN (PRINTEMPS)
On se prépare à retourner au bord du littoral.

MINUSHKAMU (5e SAISON) La neige fond, la terre dégèle, la verdure apparaît.

NIPIN (ÉTÉ)
C’est l’été, le moment de faire des provisions. Du saumon fumé, de la graisse de loup-marin, des canards et des outardes sont au menu.

Et pour Yvette Mollen, qui est originaire d’Ekuanitshit (Mingan), quelle est sa saison préférée ?

« À Montréal, je n’aime pas vraiment le froid. C’est trop humide. Et je n’aime pas déblayer non plus! » - Yvette Mollen

Le terme « Innu » signifie « être humain ». Le nom fut officiellement adopté en 1990, remplaçant le terme de Montagnais qui désignait les communautés nomades de la Côte-Nord et du Saguenay.

Et d’après elle, qui sont les plus chialeux à propos de la météo ? Les Québécois ou les Innus ? Ce à quoi elle répond en riant,

« Peut-être les Québécois, mais les Innus aussi peuvent chialer. L’été, c’est trop chaud, l’hiver, c’est trop froid. Il n’y a pas d’entre-deux. » - Yvette Mollen

Pour plonger dans la culture innue

À DÉCOUVRIR

Le dictionnaire Innu-Anglais-Français est disponible en ligne. Celui-ci pourrait vous être utile si vous désirez en apprendre plus.

À VOIR

Le Festival Innu Nikamu de Maliotenam, situé à l’est de Sept-Îles. La mission du festival est de transmettre aux enfants la mémoire de la Culture innue.

Le Festival annuel d'Innucadie, à Natashquan. ( https://innucadie.com/ ) Un festival de contes et légendes.

À ÉCOUTER

La musique de Florent Vollant.

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