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Verglas et grésil

« La tempête de glace du siècle », ainsi a-t-on désigné la tempête de verglas qui a emprisonné le sud du Québec dans un épais manteau de glace, en janvier 1998. De mémoire d'homme, l'une des pires catastrophes météorologiques qu'ait connu le Canada. L'importance des précipitations combinée à la durée de l'événement ont eu, on le sait, des conséquences désastreuses tant sur le réseau électrique que sur les habitations et les milliers d'arbres que compte le territoire touché.

Le prélude au verglas

Une combinaison exceptionnelle de différents systèmes météorologiques a provoqué l'hécatombe de janvier 1998. D'abord, un creux dépressionnaire en altitude situé au-dessus du Texas a soufflé pendant plusieurs jours de l'air chaud et humide vers le sud de l'Ontario et du Québec. Au même moment, un important système de haute pression (anticyclone) provenant de l'Arctique était stagnant au-dessus de la Baie d'Hudson, projetant de l'air très froid sur les vallées du Saint-Laurent et de l'Outaouais. Cet air froid, beaucoup plus lourd, s'est engouffré au creux des deux vallées. Les masses d'air chaud et humide provenant du sud se révélant incapables de l'en déloger, l'air chaud, plus léger, s'est élevé au-dessus de la couche d'air froid. Dès lors, tout était en place pour la formation de précipitations verglaçantes.

Car, pour qu'il y ait verglas, il doit d'abord se créer un espèce de sandwich au-dessus de nos têtes. Ce sandwich bien particulier est formé d'une couche d'air chaud (à plus de 0 degré C.) coincée entre deux couches d'air froid (à moins de 0 degré C.) Les précipitations tombées du nuage sortiront de la couche d'air chaud sous forme de pluie, pour ensuite se refroidir en traversant la couche d'air froid située plus près du sol. On dit de ces gouttes de pluie qu'elles sont « surfondues », c'est-à-dire qu'elles restent liquides malgré une température environnante inférieure au point de congélation. C'est la pluie verglaçante. Lorsque ces gouttes de pluie mesurent moins de 0,5 mm de diamètre, on parle alors de bruine verglaçante.

Au contact des objets et des surfaces gelés, les gouttes de pluie se répandent et gèlent en une mince couche de glace à l'apparence lisse et cristalline du verre. Apparaît alors un paysage glacé féérique semblant sorti tout droit d'un autre monde, le paysage typique du verglas.

Des précipitations au potentiel destructeur...

Aussi magnifiques soient les paysages qu'il peut créer, le verglas n'en demeure pas moins dévastateur pour la nature, les habitations et le réseau électrique. Le poids de cette glace étant très difficile à supporter pour les branches des arbres et les fils électriques, ceux-ci se cassent ou se détachent écrasés par cette lourde charge supplémentaire. Le même sort guette aussi le toit de certains bâtiments vétustes. C'est ainsi que le verglas fait ses ravages. Sans parler du réseau routier que la moindre précipitation verglaçante transforme en une gigantesque patinoire. Ces conditions météorologiques sont de surcroît très dangereuses pour les avions et même pour les voiliers en haute mer qui peuvent chavirer si la glace s'accumule sur leurs mâts.

Saviez-vous que... ?

  • Durant les cinq jours que dura la tempête de verglas en janvier 1998, la région délimitée par les villes de Saint-Hyacinthe, Farnham et Saint-Jean-sur-Richelieu (le fameux « triangle noir »), a reçu quelque 100 mm de précipitations verglaçantes.
  • Les dégâts causés par cette mémorable tempête provoquèrent la plus importante mobilisation à des fins humanitaires de l'histoire des Forces armées canadiennes. Or, malgré ces efforts exceptionnels, on a déploré le décès de 35 personnes.
  • Toujours en janvier 1998, le verglas a endommagé 35 000 poteaux électriques, 5000 transformateurs et 1300 pylônes d'acier au Québec et en Ontario.
  • L'importance de cette tempête a relégué au second plan un autre épisode majeur de verglas vécu par la région de Montréal les 25 et 26 février 1961. La force des précipitations avait alors provoqué des pannes d'électricité qui se prolongèrent toute la semaine dans certains secteurs de la ville.
  • En 1969, dans le Connecticut aux États-Unis, le verglas est resté sur les arbres pendant près de six semaines. C'était du jamais vu.
  • La Colombie-Britannique est l'endroit au Canada qui reçoit annuellement le moins de pluie verglaçante, alors qu'à l'autre extrémité, Terre-Neuve est la province qui en reçoit le plus.

Vous nous l'avez demandé...

Quelle est la différence entre le grésil et le verglas?

La formation du grésil est semblable à la formation du verglas, à la différence que la goutte de pluie ayant traversé successivement la couche d'air chaud et la couche d'air froid, A LE TEMPS DE GELER avant de toucher le sol. En fait, souvent seul l'enveloppe du grain de grésil gèle complètement alors que le centre demeure liquide. Si le choc de sa collision avec le sol fait éclater le grain de grésil, le liquide qui s'en échappera se répandra pour former du verglas.




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